C’est le pape lui-même qui présidera le synode, assisté des cardinaux André Vingt-Trois, Luis Antonio Tagle, Damasceno Assis et
C’est le pape lui-même qui présidera le synode, assisté des cardinaux André Vingt-Trois, Luis Antonio Tagle, Damasceno Assis et © MaxPPP

Divorce, unions homosexuelles, polygamie, nullité du mariage : l'assemblée d'évêques catholiques, qui s'ouvre dimanche au Vatican, abordera quelques sujets "chauds", ayant déjà suscité les plus vifs débats au synode d'octobre 2014.

L’ambiance s’annonce électrique. Dimanche s’ouvre le second synode en deux ans sur les défis de la famille chrétienne. Une séquence annoncée comme particulièrement délicate pour le pape François, qui s'apprête à un exercice d'équilibriste sur des sujets qui divisent l'Eglise catholique : divorce, union libre, homosexualité...

Gouffre entre doctrine et pratique

Un premier synode il y a un an avait aussi révélé de profondes divisions, malgré un attachement commun à l'essentiel, et les questionnaires envoyés dans les diocèses ont révélé le gouffre entre la doctrine rigoureuse de l'Eglise et la pratique de beaucoup de croyants. Le second synode devra remettre ses conclusions le 25 octobre, après quoi il reviendra au pape de décider seul, probablement au printemps, des inflexions à apporter ou non au discours de l'Eglise.

Devraient être notamment abordés :

  • Le divorce des personnes remariées. Doivent-ils être autorisés à communier ? Comment concilier la "miséricorde" avec la doctrine qui s'appuie sur l'indissolubilité du mariage ? C'est l'un des sujets les plus explosifs du synode, tant il divise conservateurs et progressistes.

  • La validité ou la nullité du mariage. Le pape François a simplifié les procédures juridiques pour la reconnaissance de nullité du mariage. Le manque de foi des futurs mariés devrait être reconnu comme motif plus fréquent de nullité.

  • Union des personnes de même sexe. Les participants s'accordent sur seulement deux points : les homosexuels doivent être mieux accueillis mais le "mariage" ne peut unir qu'un homme et une femme. Certains évêques ont évoqué au dernier synode la reconnaissance de valeur morale du lien pouvant unir un couple homosexuel stable, ce que d'autres ont vivement rejeté.

  • Union libre et cohabitation. Une des nouveautés du synode de 2014 a été la reconnaissance de cette réalité comme un fait dominant qui n'est plus condamné, sans être pour autant encouragé. Le document de travail invite les unions libres stables à aller vers le mariage à l'Eglise.

  • Education religieuse. Un accent est mis sur l'accès des enfants de parents en union libre ou homosexuels à l'éducation religieuse, supprimant toute exclusion.

  • Natalité et contraception. Les questions du désir d'enfants, de la paternité responsable, du contrôle naturel ou artificiel des naissances seront nécessairement abordées.

  • Mariages mixtes. Les réalités sont complexes et nombreuses autour des mariages mixtes entre confessions chrétiennes ou entre différentes religions, portant sur les conversions et l'éducation dans la foi de l'autre.

  • Mais aussi : polygamie, familles monoparentales, adoption, familles recomposées….

Ultraconservateurs contre progressistes

C’est le pape lui-même qui présidera le synode, assisté des cardinaux André Vingt-Trois (France), Luis Antonio Tagle (Philippines), Damasceno Assis (Brésil) et Wilfrid Fox Napier (Afrique du Sud). A la fin des travaux, le pape reçoit les conclusions du synode. Il est seul souverain pour les décisions à adopter ou non. Celles-ci sont attendues au premier semestre 2016. Deux camps s’opposeront : les ultraconservateurs et les progressistes. Entre les deux, la majorité a des positions nuancées, selon les sujets. Mais la balance penche du côté des conservateurs.

Nord contre Sud

D'un côté, celui qu'on pourrait définir "le camp allemand", mené par les cardinaux Walter Kasper et Rainhard Marx, appuyés par des théologiens progressistes allemands, suisses, américains ou italiens. Des prélats européens, américains, canadiens, australiens, ainsi que quelques asiatiques et latino-américains sont aussi dans cette mouvance. De l'autre, les prélats hostiles à tout changement de doctrine viennent surtout du Sud: des Africains soutenus par des Américains et des Polonais. Certains d'entre eux ont adressé au pape une "supplique filiale" lui demandant de repousser les propositions des progressistes. Une pétition, lancée par le cardinal américain Raymond Leo Burke, a reçu plus de 550.000 signatures.

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