Le président des États-Unis a tenu mardi son premier discours devant le Congrès américain. Un discours qui confirme la vision nationaliste et isolationniste de Donald Trump.

Dans son discours devant les deux chambres du Congrès américain, Donald Trump a indiqué vouloir défendre d'abord les intérêts des États-Unis.
Dans son discours devant les deux chambres du Congrès américain, Donald Trump a indiqué vouloir défendre d'abord les intérêts des États-Unis. © AFP / Samuel Corum / ANADOLU AGENCY

C'était le premier discours du 45e président des États-Unis devant les deux chambres réunies du Congrès. Mardi soir, Donald Trump a martelé son intention de défendre d'abord les intérêts des Etats-Unis avant ceux de la communauté internationale, à l'image du programme qualifié de nationaliste et isolationniste sur lequel il a été élu.

"Mon boulot ne consiste pas à représenter le monde. Mon boulot consiste à représenter les Etats-Unis d'Amérique", a-t-il lancé

Dans son discours solennel d'une heure, le président américain n'a fait que survoler les questions de diplomatie et de défense, axant plutôt son propos sur l'immigration, avec une réforme qu'il veut "positive". Il a également exhorté les alliés de l'Amérique à mettre la main à la poche pour assurer leur défense : "Notre politique étrangère requiert un engagement direct, solide et significatif avec la communauté internationale".

La communauté internationale invitée à remplir ses "obligations financières"

Alors que Donald Trump avait tonné contre une Alliance atlantique "obsolète", qu'il avait loué le Brexit et critiqué l'Union européenne, il a voulu cette fois rassurer les alliés européens. Le locataire de la Maison Blanche a ainsi promis que Washington continuerait de "soutenir avec force l'Otan, une alliance forgée après deux Guerres mondiales qui ont renversé le fascisme et après une Guerre froide qui a vaincu le communisme".

Mais comme il l'avait souligné durant sa campagne, le milliardaire américain a réaffirmé que les alliés des Etats-Unis, en Europe, en Asie et au Moyen-Orient, devaient accroître leurs efforts financiers pour assurer leur défense commune. "Nos partenaires doivent remplir leurs obligations financières", a-t-il insisté, en allusion au fait que les pays de l'Otan doivent consacrer au moins 2% de leur Produit intérieur brut (PIB) à leurs dépenses militaires.

L'ombre de Moscou sur les alliances

Il n'a en revanche pas explicitement mentionné Moscou, ni son homologue russe Vladimir Poutine avec lequel il prône un rapprochement après les années de froid de l'ère Obama. Mais le président républicain y a fait allusion lorsqu'il a dit espérer forger de "nouvelles alliances" et se faire de "nouveaux amis", à la condition de "partager les mêmes intérêts".

"Nous voulons l'harmonie et la stabilité, pas de guerre et de conflit", a promis Donald Trump dans un discours à la tonalité beaucoup plus apaisée et conciliante que par le passé.

Éradiquer l'EI

Par ailleurs, s'engageant à "protéger la nation du terrorisme islamique radical", le président républicain a proposé que les Etats-Unis "travaillent" avec des pays "alliés" musulmans pour "démolir" et "éradiquer" le groupe Etat islamique, un "ennemi abominable".

Réforme "positive" de l'immigration

Quant à la politique intérieure, Donald Trump a pris exemple sur le Canada et l'Australie pour vanter un nouveau système d'immigration conditionné à des qualifications et des professions particulières. Une réforme "positive", au "mérite". "Ceux qui veulent entrer dans un pays doivent être capables de subvenir financièrement à leurs besoins par eux-mêmes", a-t-il martelé.

Coup de neuf sur "l'esprit américain"

Avare, enfin, en nouvelles annonces et en explications sur le financement de ses projets, le président républicain a repris ses grands thèmes de campagne, promettant de ramener "des millions d'emplois" ou dénonçant les accords de libre-échange. Donald Trump a ainsi salué l'émergence d'une "nouvelle fierté nationale", le début d'un "nouveau chapitre de la grandeur américaine".

Les républicains, pour la première fois depuis 2006, contrôlent à la fois la Maison Blanche et le Congrès, et leur feuille de route est remplie, avec des réformes de la santé et des impôts en 2017. Mais la majorité et le président ne voient pas tout du même œil, particulièrement sur le remplacement de la réforme de la couverture-maladie "Obamacare".

►►► ALLER PLUS LOIN | Le fact checking du New York Times après le premier discours au Congrés du président américain (en anglais) :

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