la guerre des mots se durcit autour de l'ukraine
la guerre des mots se durcit autour de l'ukraine © reuters

Ce nouveau volet de sanctions était attendu : les Etats-Unis ont décidé de sanctionner sept responsables et dix-sept entreprises russes pour leur proximité avec le Kremlin. Une réponse à ce que Washington considère comme une "intervention illégale " de la Russie dans l'est ukrainien et des "actes de provocation qui sapent la démocratie, menacent la paix, la sécurité, la stabilité, la souveraineté et l'intégrité territoriale" de l'Ukraine.

Les Etats-Unis avaient déjà pris de telles sanctions contre une vingtaine d'entrepreneurs russes, issus principalement du secteur bancaire et de l'énergie, qui ont vu leurs avoirs gelés et leurs demandes de visas limitées voire suspendues. Parmi les nouvelles personnalités sanctionnées figure Igor Setchine, le patron de la puissante compagnie pétrolière publique Rosneft. Les Américains refusent également toutes exportations d'équipements de haute technologie qui pourraient être utilisés à des fins militaires par la Russie.

Toucher la Russie sans pénaliser les économies américaine et européenne

Même type de sanctions du côté européen. Les 28 ministres des Affaires étrangères réunis à Bruxelles ont réussi à se mettre d'accord sur une liste de quinze nouveaux noms de responsables russes et ukrainiens pro-russes qui rejoignent ainsi les 33 personnalités déjà visées par l'Union européenne.

La Russie n'est pas encore touchée au coeur de son économie explique Frédéric Carbonne, envoyé spécial permanent de France Inter à Washington

Toutes ces sanctions restent individuelles, tournant autour de proches du régime sans jamais le viser directement. Américains comme Européens veulent encore se donner une marge de manoeuvre pour durcir le ton. En cas d'intervention militaire de la Russie en Ukraine, les Etats-Unis imposeraient alors des restrictions plus sévères sur des pans entiers de l'économie russe.

Divergence entre Européens

Plusieurs pays européens, l'Italie, l'Espagne et la Bulgarie en tête, souhaitent mettre l'accent sur la voie diplomatique avec Moscou, alors que les pays scandinaves, baltes, la Pologne et la Roumanie se sentent menacés par le déploiement de 40.000 militaires russes le long de la frontière ukrainienne et préféreraient renforcer les sanctions.

Des séparatistes ont violemment frappé des militants anti-Poutine lors d'une manifestation a constaté Antoine Giniaux envoyé spécial de France Inter à Donetsk

Une compagnie de 150 militaires américains a atterri ce lundi en Estonie, rejoignant 600 hommes déjà en poste dans la région. Un geste envers les alliés de l'OTAN inquiets de voir des exercices de l'armée russe dans la région.

Il est bien loin l'accord de Genève. Diplomates comme observateurs sur le terrain ne croient plus en ce consensus signé le 17 avril dernier entre Ukrainiens et Russes sous le patronage des Américains et des Européens.

Moins de deux semaines plus tard, la situation s'est aggravée sur le terrain : des émissaires de l'OSCE, l'organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, sont retenus depuis vendredi par des hommes armés dans la ville de Slaviansk, tenue par des pro-Russes. Des séparatistes qui se sont également emparés ce week-end du siège de la télévision de Donetsk, la grande ville de l'est du pays.

La situation en Ukraine ce lundi
La situation en Ukraine ce lundi © Radio France / Idé
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