Un groupe citoyen et un site web ont révélé que Toyota avait largement financé les élus républicains qui refusaient de valider les résultats de la présidentielle de novembre 2020 et l'élection de Joe Biden. En réaction, un appel au boycott a été lancé sur les réseaux sociaux contre la marque automobile.

La marque Toyota ciblée par un appel au boycott en raison de son soutien d'élus refusant de valider l'élection de Joe Biden
La marque Toyota ciblée par un appel au boycott en raison de son soutien d'élus refusant de valider l'élection de Joe Biden © Getty / Justin Sullivan

Les révélations ont été publiées récemment : selon le site d'information Axios, la marque japonaise Toyota a versé deux fois plus de donations que n'importe quelle autre entreprise aux élus républicains du Congrès ayant refusé de valider les résultats de la présidentielle de 2020. En d'autres termes, les élus qui ont soutenu Donald Trump dans ses allégations de fraude électorale ont surtout reçu des subventions de Toyota. Le constructeur auto a en effet versé au moins 50 000 dollars à ces élus, tous trumpistes.

Après l'assaut sur le Capitole le 6 janvier dernier afin d'empêcher les élus de valider la défaite de Donald Trump, 147 Républicains ont refusé de valider le processus d'élection malgré l'absence totale de preuves de fraude. De nombreuses entreprises ont  suspendu leurs subventions à ces élus et près de 200 marques se sont engagées à ne pas financer des membres du Congrès ayant voté contre la validation du vote. Pas Toyota, qui au contraire apparait aujourd'hui comme le premier soutien financier à ces élus.

C'est au départ le groupe de contrôle Citizens for Responsibility and Ethics in Washington (CREW) qui a constaté que Toyota avait subventionné les élus qui ont voté contre la validation de l'élection de Joe Biden. Sous le titre : "Cette insurrection est sponsorisée par" ("This sedition is brought to you by"), l'article de CREW détaille les montants versés par chaque entreprise et les bénéficiaires de ces aides financières, à savoir le parti républicain lui même ou des comités de soutien à Donald Trump directement.

Un système de soutien aux politiques qui montre ses limites

Une campagne présidentielle américaine est en premier lieu une question d'argent. Les dépenses de campagne ne sont pas plafonnées, contrairement à la France. Et la campagne 2020 a atteint des records : le candidat démocrate Joe Biden aura dépensé près de 1,3 milliard d'euros (un peu plus qu'Hillary Clinton en 2016). Idem pour Donald Trump, soit un tiers de plus que pour sa campagne de 2016.

Cet argent, il faut bien le trouver quelque part. Les donateurs sont donc la principale source de revenus, ce qui vient s'ajouter éventuellement à la fortune personnelle des candidats..

Aux États-Unis, les entreprises peuvent alors lancer ce qui s'appelle un PAC d'entreprise (un comité d'action politique abondé par les salariés). Objectif : muscler la campagne de candidats en la finançant. Depuis le 6 janvier,  jour où des républicains extrémistes ont envahi le Capitole afin d'empêcher la validation de l'élection de Joe Biden, Toyota a versé 55 000$ à 37 des 147 élus républicains ayant voté contre la certification du vote Biden. L'entreprise arrivant derrière est Koch Industries, qui a contribué à hauteur de 17 500 $ pour sept élus. Or, Koch Industries appartient aux frères Koch, deux frères conservateurs très impliqués politiquement à l'aile droitière du Parti républicain. Toyota, elle, est une entreprise japonaise.

Un appel au boycott qui prend de l'ampleur

Les réactions ne se sont pas faites attendre sur le web : un appel au boycott a été lancé sur Twitter #BoycottToyota et cet appel est rapidement monté dans les tendances Twitter lundi.

Florilège de réactions :

"Toutes ces années, je ne peux pas compter le nombre de Toyota que nous avons eu dans la famille. C'est facile de compter combien de Toyota j'aurai à l'avenir. Zéro."

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"Bonjour Toyota. En tant qu'ancien combattant de l'armée américaine, j'ai prêté serment et juré que je défendrai la Constitution contre des ennemis étrangers et INTÉRIEURS. Je veux vraiment savoir pourquoi vous continuez à financer le Parti républicain qui a agressé notre Démocratie et nos libertés."

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Et certains apportent des éléments de réponse à la question : pourquoi Toyota s'implique-t-elle autant dans le soutien aux républicains ? 

"Toyota finance les Républicains qui ont voté pour l'annulation de l'élection. Leurs usines sont en Alabama, dans l'Indiana, le Kentucky, le Mississippi et le Texas. Ce sont tous des États ruraux qui ont offert à Toyota d'énormes baisses d'impôts et ont empêché de monter des syndicats. Toyota hait l'Amérique."

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Rosanna Arquette lâche sa Prius

L'actrice Rosanna Arquette, militante démocrate très présente sur les réseaux sociaux, a immédiatement twitté après les révélations sur Toyota :

"J'ai toujours eu une Prius, je vais devoir en changer."

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Toyota reste droit dans ses bottes

Pendant ce temps, en réaction à cet appel au boycott, Toyota a envoyé un e-mail au site Axios, défendant son implication financière en politique : 

"À nos yeux, il est incorrect de juger des membres du Congrès en se basant uniquement sur leur vote lors de la validation de l'élection. Après un examen minutieux, nous avons décidé de ne pas faire de donations à certains élus qui, au travers de leurs déclarations, sabotent la légitimité de nos élections et de nos institutions."

Toyota a également envoyé un communiqué à The Hill dans lequel on peut lire notamment que :

"Toyota soutient des candidats en fonction de leurs positions sur des sujets importants pour l'industrie automobile et pour l'entreprise."

L'exemple de The My Pillow Guy

Le scandale Toyota en rappelle un autre : celui de The My Pillow Guy.  Après la défaite de Donald Trump en novembre dernier, Mike Lindell, PDG de la marque d'oreillers My Pillow s'est investi personnellement et financièrement en soutien à Donald Trump dans ses tentatives de renverser les résultats de l'élection. Ce chrétien évangélique très conservateur est devenu la risée des médias et a dû faire face à une campagne de dénigrement et un appel au boycott suivi par de nombreuses personnalités. Mike Lindell a estimé à 65 millions de dollars les pertes pour son entreprise dues au boycott de sa marque par des distributeurs...

"J'ai perdu 20 détaillants, et ça m'a coûté 65 millions cette année que je ne récupèrerai jamais !"

Mike Lindell a fait cette déclaration alors que plusieurs médias affirmaient au contraire que son soutien à la rébellion et à la contestation des résultats de l'élection lui avait fait de la publicité. Mike Lindell a en effet affirmé que les hausses des ventes ont été de courte durée et qu'une fois que les revendeurs comme Bed Bath & Beyond et Kohl’s ont arrêté de vendre ses produits que sa marque a été anéantie.