Lors du putsch manqué, les dirigeants européens avaient marqué leur soutien au président turc. Ils lui demandent maintenant de respecter la démocratie.

F. Mogherini lors du conseil Affaires étrangères à Bruxelles
F. Mogherini lors du conseil Affaires étrangères à Bruxelles © AFP / Thierry Charlier

Les ministres européens des Affaires Etrangères se sont réunis ce lundi à Bruxelles pour un conseil "affaires étrangères" prévu de longue date, en présence du chef de la diplomatie américaine John Kerry. La situation en Turquie a été largement évoquée ce lundi matin.

Le dernier bilan de la tentative ratée de coup d’Etat, dans la nuit de vendredi à samedi, fait état de 290 morts, et plus de 7.500 personnes placées en garde à vue (dont 6.000 militaires, 755 magistrats et une centaine de policiers). Dès samedi soir, devant une foule de plusieurs milliers de partisans réunis à Istanbul, le président turc Recep Tayyip Erdogan n’avait pas écarté la possibilité de réintroduire la peine de mort dans le pays, afin de lutter "contre le virus" factieux. Il l’a encore évoqué ce dimanche soir : "Nous ne pouvons pas trop retarder cette décision car dans ce pays, ceux qui mènent un coup contre l’Etat sont dans l’obligation d’en pays le prix".

Alors que les dirigeants européens (tout comme l’OTAN et les Etats-Unis) ont marqué leur soutien (parfois tardif) au régime turc au moment de la tentative de putsch, ce lundi, le message est bien plus mesuré et ferme. La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a prévenu le président Recep Tayyip Erdogan : "Aucun pays ne peut adhérer à l’Union européenne s’il introduit la peine de mort".

Même son de cloche de la part de Vienne, et de Berlin, qui affirme que si la Turquie décide de rétablir la peine de mort, ce sera "la fin des négociations d’adhésion" entre Ankara et l’UE.

A l'issue de ce conseil "Affaires étrangères", John Kerry et Federica Mogherini ont promis que "le niveau de vigilance et de surveillance va être important dans les jours qui viennent. (...) Nous disons aujourd'hui que l'Etat de droit doit être protégé pour le bien [de la Turquie]".

Les précisions de Pierre Bénazet, correspondant de France Inter à Bruxelles.

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L'Europe met en garde la Turquie sur la répression

Par Pierre Bénazet

Quant à la demande formulée ce samedi par Erdogan, d’extradition de son opposant Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis depuis 1999, et qu’il accuse d’avoir fomenté ce coup d’Etat, John Kerry a demandé au régime turc de fournir des preuves de ses accusations.

En Turquie, un grand nettoyage ... et des questions

Comment expliquer l'échec rapide de la tentative de putsch, et la répression de grande ampleur qui se poursuit dans le pays ? Dans les rues d'Istanbul, une théorie est beaucoup discutée : Recep Tayyip Erdogan aurait suscité le putsch pour casser définitivement une armée jugée encore trop indocile.

"Ce putsch, c'est un peu du pipeau. C'est un mouvement qui a été provoqué par les forces du président pour soulever le peuple contre l'armée, qui restait la seule crainte du président, affaibli depuis quelques années." Un franco-turc stambouliote.

Le reportage à Istanbul de notre envoyé spécial Hervé Toutain.

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Reportage à Istanbul d'Hervé Toutain

Par Hervé Toutain

A son arrivée à Bruxelles, ce lundi matin, le commissaire européen à l’Élargissement Johannes Hahn, a lui aussi suggéré que le gouvernement turc avait déjà préparé, avant la tentative de putsch, une liste de personnes à arrêter.

Turquie : la purge s'intensifie
Turquie : la purge s'intensifie © Radio France / Visactu
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