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L'opposition prokurde intensifie ses attaques contre le président Recep Tayyip Erdogan, qu'elle accuse d'être responsable de l'attentat d'Ankara, le plus meurtrier de l'histoire de la Turquie, à trois semaines des élections législatives.

"L'Etat a attaqué le peuple. Les condoléances devraient aller au peuple et non à Erdogan", a lancé dimanche sur Twitter Selahattin Demirtas, chef de file du Parti démocratique des peuples. A l'appel des mouvements qui avaient convoqué la "marche pour la paix" frappée par l'attentat, plus de 10.000 manifestants se sont rassemblés dimanche sur une place d'Ankara proche du site de l'attentat, qui a fait au moins 97 morts. La foule a largement conspué Recep Tayyip Erdogan et son gouvernement, accusés de ne pas avoir, délibérément, assuré la sécurité du rassemblement de samedi. "Erdogan meurtrier", "l'Etat rendra des comptes", ont scandé les manifestants, encerclés par les forces de l'ordre.

Trois jours de deuil national

Deux puissantes explosions, attribuées par le gouvernement à des kamikazes, ont frappé samedi matin près de la gare centrale d'Ankara la manifestation de partis, syndicats et ONG proches de la cause kurde qui dénonçaient la reprise des affrontements entre les forces de sécurité et la rébellion kurde. Le Premier ministre islamo-conservateur Ahmet Davutoglu a décrété trois jours de deuil national. Depuis plusieurs semaines la tension est très vive entre le pouvoir et le HDP, exacerbée par les échéances électorales et les violences dans le sud-est à majorité kurde du pays.

De l’huile sur le feu ?

L'opposition, elle, accuse Recep Tayyip Erdogan de mettre de l'huile sur le feu du conflit kurde, avec l'espoir d'attirer à lui l'électorat nationaliste. Le 7 juin, le parti de l'homme fort de la Turquie a perdu la majorité absolue qu'il détenait depuis treize ans, notamment en raison du bon score réalisé par le HDP. Il espère inverser ces résultats le 1er novembre. L'attentat d'Ankara est le plus meurtrier jamais commis sur le sol turc. Dans leur dernier décompte publié dimanche soir, les services du Premier ministre ont recensé 97 morts et indiqué que l'attentat avait fait 507 blessés.

160 d'entre eux étaient toujours hospitalisés, dont 65 dans des unités de soins intensifs.

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