Les forces soutenues par les Etats-Unis sont formelles : le dernier bastion du groupe Etat islamique, sa "capitale" Raqqa, est tombé. Cela marque-t-il la fin du "califat" ? Pas sûr

 Après quatre mois de combats acharnés Daech et les troupes soutenues par les États-Unis, les islamistes ont été chassés de Raqqa, leur "capitale".
Après quatre mois de combats acharnés Daech et les troupes soutenues par les États-Unis, les islamistes ont été chassés de Raqqa, leur "capitale". © Radio France / Gilles Gallinaro

A l'été 2013, Abu Bakr al-Baghdadi faisait de Raqqa la capitale d'un califat autoproclamé. Quatre après, la ville est tombée. Mais si les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde, ont eu raison des combattants islamistes, ont-elles pour autant mis fin à leur projet ?

Une défaite, mais pas un effondrement

La chute de Raqqa est un symbole fort. Elle marque pour le groupe terroriste, note Romain Caillet, un retour "dans la clandestinité". Pour le chercheur et consultant spécialiste de la mouvance djihadiste, invité de franceinfo, "le groupe État islamique est redevenu un groupe terroriste classique comme Al-Qaïda". Au-delà du symbole, c'est aussi un tournant : Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam) à Genève, rappelle que Raqqa était "un lieu sécurisé pour préparer organiser et ordonner les attentats qu'on a connus en Europe". Il prévient aussi :

L'Etat islamique va chercher une autre stratégie, un repli sur d'autres localités, d'autres poches de résistance.

© AFP

Nouvelles bases, nouvelles formes d'action

Chassés de Raqqa, les combattants du groupe État islamique ne s'évaporent pas. "Il y a encore deux zones importantes pour les djihadistes : Deir ez-Zor, proche de la frontière irakienne, qui est attaquée par les forces gouvernementales et les forces russes, et la province d'Idleb, dans laquelle des djihadistes ont été évacués après la prise d'Alep", explique le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française au près des Nations unies.

Le militaire précise :

Sur le plan de la tactique, les djihadistes sont extrêmement innovants. Ils utilisent des voitures piégées, des drones pour aller chercher et bombarder l'ennemi et des tunnels dans lesquels ils s'infiltrent pour attaquer par derrière les forces qui progressent.

L'attentat de Mogadiscio, qui a fait 300 morts, rappelle que les moyens de mobilisation et d'action des terroristes islamistes restent entiers. Les tueries imputables au groupe État islamique ou revendiquées par lui restent fréquentes, avec ou sans capitale.

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