Les Palestiniens continuent de découvrir leurs maisons détruites. On parle déjà de six millions de dollars de dégâts. Israël aussi subit les répercussions de cette guerre - stoppée pour 72 heures - alors que les négociations vont commencer au Caire.

Ils transportent tout ce qui reste de leur maison de Beit Hanoun
Ils transportent tout ce qui reste de leur maison de Beit Hanoun © REUTERS/Suhaib Salem

Cela fait maintenant plus d'une journée que la trêve décidée par Israël et le Hamas grâce à la médiation égyptienne et américaine tient. L'armée israélienne a retiré ses troupes déployées dans la bande de Gaza avant l'entrée en vigueur de ce cessez-le-feu de 72 heures, destiné à favoriser des négociations en vue d'une cessation durable des hostilités entre Israël et le Hamas palestinien après quatre semaines de combats meurtriers.

Plusieurs tentatives précédentes de cessez-le-feu ont échoué depuis le début de l'offensive, qui a coûté la vie à 1.875 Palestiniens, dont 430 enfants et adolescents et 243 femmes. Bilan auquel s'ajoutent plus de 9 000 blessés.

Les ONG ont le plus grand mal à aider les hôpitaux de Gaza

A la faveur de l'accalmie, les secours ont pu accéder à des zones bloquées par les combats, où ils commençaient à découvrir de nouveaux corps, alourdissant un bilan humain déjà exorbitant.

Certains hôpitaux ont été détruits par des tirs de missiles. D'autres rouvrent mais manquent de tout. Difficile pour les ONG de s'organiser dans ce chaos d'autant que l'acheminement des médicaments et du matériel médical est compliqué à mettre en place.

Les 12 800 m² de stockage de la plateforme d'approvisionnement de Médecin sans Frontières (MSF) se trouvent à Mérignac dans l'agglomération de de Bordeaux. C'est de là que part tout le matériel d'urgence. Depuis le début des affrontements, et depuis plusieurs années même, MSF ne peut pas acheminer de l'aide directement en Palestine.

Les explications de Philippe Cachet, directeur de MSF logistique, avec Romain Dézèque

Israël nous empêche d'importer des médicaments. On doit donc acheter sur place mais pas tout ce dont nous avons besoin, alors que nous sommes neutres

Les habitants de Rafah viennent de découvrir leurs maisons que l'armée israélienne avait occupées.

En voitures ou en charrettes tirées par des ânes, des milliers de Palestiniens sont retournés chez eux, pour voir si leur maison était toujours debout. Après celui des bombes, ils ont accusé le choc de la dévastation.

Dans le secteur est de Rafah, les habitants ont pu rentrer seulement mardi puisque le secteur était occupé par l'aréme isrélienne. La plus part de ceux qui reviennent, retrouvent leurs maisons détruites.

Reportage d'Etienne Monin

Le conflit a fait des centaines de milliers de déplacés et causé entre 4 et 6 milliards de dollars de dégâts directs, mais l'addition pourrait être bien plus salée, selon le vice-ministre palestinien de l'Economie.

Israël acquittera également un tribut économique à la guerre

La vieille ville de Jérusalem désertée par les touristes
La vieille ville de Jérusalem désertée par les touristes © Benjamin Illy

L'économies israélienne connait également des dommages dus à la guerre, notamment concernant le tourisme en berne depuis le début du conflit a qui coïncidé avec la haute saison. Les rues de la Vieille Ville de Jérusalem, habituellement pleines à craquer à cette période de l'année, sont vidées de leurs touristes.

Reportage de Benjamin Illy à Jérusalem

Des négociations cruciales doivent s'ouvrir au Caire

Toutes les parties ont - à priori - tout intérêt à négocier. La parole est donc maintenant aux diplomates. La délégation israélienne est arrivée mardi soir au Caire, tandis que les représentants du Hamas, du Djihad islamique et du Fatah dans la bande de Gaza rejoignaient la délégation palestinienne déjà présente dans la capitale égyptienne. Tous les courants palestiniens sont représentés pour la première fois.

Le compromis sera sans doute difficile à trouver. Le Hamas réclame la levée du blocus qui étouffe l'économie de la bande de Gaza. Israël de son côté martèle son impératif de sécurité. Une partie des revendications a déjà fuité dans la presse ainsi que la position de Jérusalem.

Les Etats-Unis ont indiqué mardi qu'ils participeraient "probablement" aux négociations, le secrétaire d'Etat John Kerry appelant à aborder à cette occasion "les questions cruciales à plus long terme".

Les explications au Caire de François Hume-Ferkatadji

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