L'Allemagne est en deuil après l'attentat raciste qui a tué neuf personnes dans cette ville près de Francfort, mercredi soir.

Au pied de la statue des frères Grimm, sur la place de la mairie, la foule se recueille et dépose fleurs et bougies.
Au pied de la statue des frères Grimm, sur la place de la mairie, la foule se recueille et dépose fleurs et bougies. © AFP / Boris Roessler / DPA Picture-Alliance

La ville de Hesse, près de Francfort, est toujours sous le choc, après l’attentat qui a fait neuf victimes, mercredi soir. Les motivations racistes de l'auteur de cette double fusillade meurtrière ne font plus aucun doute pour les autorités. Les hommages spontanés et les commémorations officielles se multiplient, sur fond d'inquiétude au sujet de la montée du racisme et de l'extrême droite.

Dès le lendemain de la fusillade, le compte Twitter du mouvement des "Indivisibles", né en 2018 en réponse à la montée de la xénophobie dans le pays, a recensé une cinquantaine de rassemblements dans plusieurs villes allemandes.

Le président allemand, son épouse et la femme du premier ministre de l'État de Hesse ont déposé des fleurs lors d'une veillée près d'une des scènes de crime à Hanau.
Le président allemand, son épouse et la femme du premier ministre de l'État de Hesse ont déposé des fleurs lors d'une veillée près d'une des scènes de crime à Hanau. © AFP / Uwe Anspach / DPA

Le président de la République fédérale d'Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, son épouse, Elke Buedenbender, le dirigeant (CDU) du Land de Hesse, Volker Bouffier, ainsi que la femme du premier ministre de l'État de Hesse, Ursula Bouffier, se sont joints à la commémoration qui avait lieu à 18 heures, à Hanau. Ils ont déposé une gerbe de fleurs devant le lieu de l'attaque. Ils se sont ensuite dirigés vers l'esplanade de la mairie, où le maire et le président ont prononcé un discours, quelques peu chahutés par des militants antifascistes.

Des proches d'une victime lors d'une veillée à Hanau.
Des proches d'une victime lors d'une veillée à Hanau. © AFP / Roger Murmann / Geisler-Fotopress / DPA Picture-Alliance

Après les prises de parole de ces responsables politiques dans l'après-midi, une foule nombreuse s'est réunie en face de la mairie dans la soirée. Parmi les personnes rassemblées, les proches d'une des victimes. Beaucoup d'entre elles sont d'origine kurde. 

A la porte de Brandebourg, à Berlin, des personnes brandissent un panneau contre le parti Alternative pour l'Allemagne.
A la porte de Brandebourg, à Berlin, des personnes brandissent un panneau contre le parti Alternative pour l'Allemagne. © AFP / Sonja Wurtscheid / DPA Picture-Alliance

Au cours des rassemblements, à Hanau, Berlin ou encore Munich, la tristesse laisse parfois place à la colère. On crie "dehors les nazis", on brandit des pancartes appelant à "bannir tous les racistes et les partis et organisations fascistes".

Alors que les joueurs de l'équipe allemande du club de Francfort, Eintracht Frankfurt, consacraient une minute de silence aux victimes des attaques, juste avant le match contre le club autrichien, Salzbourg, des cris sont venus perturber ce moment de recueillement. Dans le stade, les supporters ont réagi en scandant à l'unisson "nazis dehors".

Des fleurs et des bougies ont été placées sur la place du marché.
Des fleurs et des bougies ont été placées sur la place du marché. © AFP / Nicolas Armer / DPA Picture-Alliance

La fin de semaine devait être colorée et festive à Hanau, avec le traditionnel carnaval. Les festivités ont été annulées, et sur le parvis de la mairie, qui devait accueillir le grand marché annuel, les bougies, fleurs et messages s'accumulent, en hommage aux victimes.

En Cologne, la maire, Henriette Reker, et le président du comité du carnaval consacrent une minute de silence aux victimes de la fusillade de Hanau.
En Cologne, la maire, Henriette Reker, et le président du comité du carnaval consacrent une minute de silence aux victimes de la fusillade de Hanau. © AFP / Oliver Berg / DPA / DPA Picture-Alliance

La maire de Cologne (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), Henriette Reker, affublée d'un costume de carnaval, a consacré une minute de silence aux victimes de la fusillade. En 2015, elle avait elle-même été victime d'une attaque au couteau perpétrée par un sympathisant d’extrême droite.

Des jeunes placent des bougies devant l'hôtel de ville de Kassel lors d'une commémoration pour les victimes de l'attentat.
Des jeunes placent des bougies devant l'hôtel de ville de Kassel lors d'une commémoration pour les victimes de l'attentat. © AFP / Uwe Zucchi / DPA Picture-Alliance

Cet attentat se produit sept mois après l’assassinat de Walter Lübcke (CDU), le préfet de Cassel (Hesse), connu pour son soutien à la politique d’Angela Merkel en faveur de l’accueil des réfugiés. Dans cette ville qui se remet à peine de ce meurtre par balles, des bougies ont été déposées en la mémoire des victimes, devant l'hôtel de ville.

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