Depuis juillet 2019 (date de la pénalisation votée par le Sénat), le pays condamnait le fait d'avoir un rapport sexuel avec une personne de même sexe de 6 mois de prison. Après trois semaines de débat houleux, le Gabon a finalement dépénalisé l'homosexualité, contrairement à la majorité des pays africains.

La Gay Pride 2019 à Durban, en Afrique du Sud, l'un des pays du continent où l'homosexualité est légale
La Gay Pride 2019 à Durban, en Afrique du Sud, l'un des pays du continent où l'homosexualité est légale © AFP / Rajesh JANTILAL

Le débat a profondément divisé les Gabonais, un an après le vote du Sénat qui pénaliser à nouveau l'homosexualité dans le pays. Décidée par le gouvernement, cette nouvelle modification du code pénal tout juste votée a provoqué la colère d'une partie de la population. Tribunes particulièrement violentes dans la presse, propos assimilant l'homosexualité à la pédophilie ou la zoophilie, messages haineux sur les réseaux sociaux...

La loi de pénalisation de juillet 2019 n'avait, dans les faits, jamais été appliquée. Mais comme l'explique Parfait junior Magnaga, à la tête d'une des rares associations locales défendant les droits des minorités sexuelles au Gabon, "il est déjà difficile pour un homosexuel ici d'aller porter plainte quand il est agressé verbalement ou physiquement, la pénalisation avait rendu cela impossible". Et s'il se réjouit de cette "petite victoire", il sait qu'il n'est "pas question de jubiler pour autant, nous préférons rester discrets", explique-t-il à l'AFP.

Une question encore très sensible en Afrique subsaharienne

Plus de la moitié des pays de la région (27 pays sur 49) interdisent ou punissent l'homosexualité. Dans certains pays, la religion a une grande importance, notamment dans les pays où la loi islamique, basée sur la charia, s'impose comme une source de droit. Dans ces pays, l'homosexualité est passible de la peine de mort (c'est le cas en Mauritanie, au Soudan, en Somalie).

Pour 26 autres pays (comme en Ouganda, en Tanzanie, en Gambie ou en Zambie) la peine maximale peut aller de 10 ans de prison à la perpétuité. Au Maroc, en Algérie ou en Tunisie, un homosexuel risque 8 années de prison, tout comme en Namibie et au Tchad.

L'an dernier, le Botswana avait en revanche fait le même choix que le Gabon aujourd'hui, en dépénalisant l'homosexualité. Sans doute en suivant l'exemple de son voisin l'Afrique du Sud, dont la constitution interdit toute discrimination fondée sur l'orientation sexuelle. Même si, même là, les enquêtes d'opinion montrent une homophobie latente : pour une majorité de la population, les relations sexuelles entre personnes du même sexe sont "moralement répréhensibles".

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