Entre 1948 et 1973, ils furent 550.000 travailleurs des anciennes colonies britanniques à venir à l'invitation de Londres aider à reconstruire un pays ravagé par la Seconde guerre mondiale.

Ils ont eu le droit de rebâtir l'Angleterre mais n'ont pas celui de devenir citoyen britannique.
Ils ont eu le droit de rebâtir l'Angleterre mais n'ont pas celui de devenir citoyen britannique. © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

C'est donc un scandale d'État. La ministre de l'Intérieur Amber Rudd a dû démissionner ce dimanche après que la presse a révélé que cette ministre, une proche de Theresa May, s’apprêtait à expulser les immigrés et leurs descendants venus reconstruire la Grande Bretagne après le seconde guerre. Plusieurs hommes et femmes faisaient par exemple le récit de cette incroyable histoire en vidéo, sur le site du journal le Guardian

Génération Windrush, c'est ainsi que l'on nomme ces hommes et ces femmes, du nom d'un des premiers bateaux qui, au sortir de la Seconde guerre mondiale, transportait la main d’œuvre venue des pays du Commonwealth reconstruire une Grande Bretagne dévastée.

Entre 1948 et 1973, pas moins de 550.000 personnes ont quitté leurs terres à l'invitation du gouvernement britannique pour venir grossir les rangs de ces travailleurs.

Ces travailleurs, qui viennent majoritairement des Antilles, notamment de Jamaïque et des Caraïbes, étaient alors les bienvenus. À cette époque, ils ont le droit de séjourner sur le sol britannique mais n'ont aucun papier officiel délivré par le gouvernement.

Si bien que lorsque la roue tourne avec la crise pétrolière au début des années 70, ils n'ont absolument aucune preuve de leur résidence de longue date en Angleterre et encore moins de documents officiels prouvant qu'ils ont travaillé pendant toutes ces années.

Progressivement, à mesure que la loi sur l'immigration se durcit dans le pays, ces hommes et ses femmes, en particulier leurs enfants, nés ailleurs mais venus très jeunes sur le sol britannique sont confrontés à de multiples difficultés, jusqu'à ce que le gouvernement britannique considère qu'ils résident sur le sol anglais en toute illégalité. Ils n'ont pas accès au logement, au travail et certains seront licenciés. Plus récemment encore, le ministère de l'Intérieur a imaginé leur expulsion pure et simple du territoire, un plan chiffré qui vise à expulser 12.800 personnes.

Ce « droit au séjour » a été supprimé par une loi en 1971. Les personnes arrivées sur le sol britannique après 1973, n’en ont donc pas bénéficié. Quant aux personnes arrivées avant, elles n’avaient aucun document en attestant. Le Royaume-Uni n’oblige pas à posséder des papiers, tels que la carte d’identité ou le passeport.

Quand en 2012, le gouvernement a renforcé sa chasse aux migrants irréguliers selon une politique officiellement intitulée "d’environnement hostile à l’immigration illégale", la situation est devenue intenable. Les entreprises, les propriétaires, les administrations étaient encouragées à "repérer" les migrants illégaux par leur couleur de peau ou leur accent étranger supposé. Le gouvernement avait alors placardé des affiches sur lesquelles on pouvait lire "Vous êtes en Grande-Bretagne de manière illégale? Rentrez chez vous ou prenez le risque de vous faire arrêter". Ce message placardé sur des camions qui circulaient dans Londres avait fait grand bruit.

La ministre de l’Intérieur de l’époque n’était autre que…Theresa May. 

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