Après l'Aquarius la semaine dernière, c'est au tour du Lifeline, un navire affrété par une ONG allemande, d'être coincé en mer, sans port pour accoster. Comme ces deux navires, d'autres sont dans une situation de confusion depuis plusieurs jours.

Plusieurs navires ont pour objectif de sauver des migrants au large de la Libye
Plusieurs navires ont pour objectif de sauver des migrants au large de la Libye © AFP / Hermine POSCHMANN / Mission Lifeline

C'est la panique en Méditerranée : après la crise autour du navire Aquarius la semaine dernière, qui a finalement accosté en Espagne, plusieurs navires secourant des migrants sont bloqués en mer, dans l'attente d'un port qui accepte de les accueillir. L'Italie, qui jusque-là recevait une partie de ces bateaux, refuse désormais de leur ouvrir leurs ports : dimanche dernier, le gouvernement a demandé aux ONG de cesser de mener des opérations de sauvetage de migrants, et de laisser les garde-côtes libyens s'en charger. 

Lifeline

Ce navire, affrété par une ONG allemande mais battant pavillon néerlandais, se situait lundi à une trentaine de miles nautiques de Malte, avec à son bord 234 migrants. L'Italie refuse de l'accueillir et lui a recommandé de s'adresser à la Libye. Mais le navire, lui, a demandé à être accueilli par la France. "Le problème est que nous avons 234 personnes assises à bord d'un bateau de 30 mètres de long, tout près d'un pays développé et que l'Europe regarde ces gens en train de dépérir", a déclaré Axel Steier, co-fondateur de l'ONG Lifeline. 

Finalement, il pourra accoster à Malte, a annoncé mardi le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, sans pour autant détailler les dates exactes. Mais il sera "soumis à une enquête pour s'assurer de sa nationalité et du respect des règles du droit international de la part de son équipage", selon l'Italie. 

© Visactu

Aquarius

Après avoir pu accoster au port de Valence le 17 juin dernier, suite aux refus de l'Italie et de Malte de l'accueillir, l'Aquarius, l'un des navires de secours de migrants les plus connus, a repris le large. Il se trouve à nouveau dans la zone de secours, au large de la Libye. Lors de son dernier accostage, il comptait à son bord 630 migrants secourus dans cette zone. 

Alexander Maersk

Ce navire-là, venu du Danemark, est un porte-conteneurs, mais compte à son bord quelque 108 migrants, secourus vendredi. Il a été autorisé par l'Italie à accoster à Pozzalo, en Sicile. La ministre danoise de l'Immigration et de l'Intégration doit envoyer une lettre au ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, pour lui demander d'agir, afin que les migrants ne restent pas sur le bateau. 

Open Arms

Ce bateau dépend d'une ONG espagnole, Pro Activa, et secourt, comme l'Aquarius et le Lifeline, des migrants au large de la Libye. Selon l'ONG, l'Italie a refusé son aide, alors qu'un millier de migrants libyens étaient à la dérive : les autorités italiennes lui ont demandé de laisser agir les garde-côtes libyens, alors même que "sept ou huit appels" de détresse avaient été reçus. Selon l'ONG, ces migrants vont donc être renvoyés en Libye. 

Seefuchs

Comme le Lifeline, il dépend d'une ONG allemande (Sea-Eye) et bat pavillon nérelandais. Pour l'heure, il ne peut naviguer : amarré à La Valette, à Malte, il fait l'objet de vérifications sur son immatriculation, depuis que les Pays-Bas ont affirmé qu'il ne figurait pas sur les registres navals du pays. Ce processus "devrait être achevé d'ici la fin de la semaine".

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