C'est la deuxième fois que le président français se rend à Riyad. Au menu des discussions : l'Iran, la Syrie, l'Egypte et le Liban. Parmi les objectifs de la France : les contrats civils et militaires qui n'ont pas encore été arbitrés.

"Le premier client de la France au Moyen-Orient"

Le Prince Mutaib bin Abdullah al Saud et François Hollande
Le Prince Mutaib bin Abdullah al Saud et François Hollande © Christophe Morin / IP3 / Christophe Morin / IP3

Car Washington et Ryad s'éloignent et la France compte bien profiter de ce froid. L'Arabie saoudite sunnite reproche au président américain Barack Obama de ne pas se montrer assez ferme à l'égard de Téhéran et s'inquiète de voir l'Iran, son grand rival chiite dans la région, sortir de son isolement à la faveur de l'accord de Genève sur son programme nucléaire conclu en novembre.

Pour son deuxième déplacement dans le royaume, le président français abordera avec le roi Abdallah et le prince héritier Salman tous les dossiers chauds du moment, du programme nucléaire iranien à la crise égyptienne en passant par la guerre en Syrie ou les menaces sur la stabilité du Liban.

Dans une interview au quotidien saoudien Al Hayat à paraître dimanche, François Hollande salue "le premier client de la France au Moyen-Orient", qui contribue à la croissance par le "rôle modérateur qu'(il) joue sur le marché pétrolier dans cette phase essentielle qu'est la reprise économique" :

Notre coopération bilatérale se renforce dans tous les domaines. Et notre vision de l'économie mondiale est proche.

François Hollande entend aussi consolider le partenariat entre les deux pays, après la "lune de miel" entre Nicolas Sarkozy et le Qatar, un pays 15 fois moins peuplé.

L'Arabie Saoudite salue la fermeté française sur les dossiers iraniens et syriens

Pour François Hollande, l'Iran doit maintenant "passer aux actes en donnant les preuves qu'il renonce à se doter de l'arme atomique" en fournissant "toutes les garanties nécessaires". Autre sujet d'exaspération pour l'Arabie saoudite, le manque supposé de soutien américain à l'opposition en Syrie qui a mené le royaume à décliner en octobre un siège temporaire au Conseil de sécurité de l'Onu en guise protestation.

Dans ce contexte, la volonté de Paris de "punir" via des frappes militaires le régime de Bachar al Assad en raison de l'utilisation présumée d'armes chimiques, une option écartée in fine par Barack Obama, a été appréciée à Riyad.

et les contrats bien sûr ...

Ce rapprochement diplomatique avec Riyad devrait aussi être l'occasion de marquer des points sur le plan économique. Selon une source française :

Ce qui est très clair, ce que disent les Saoudiens, c'est que le roi Adballah aujourd'hui donne la priorité à la France.

Outre ses gigantesques besoins en infrastructures qui font rêver les géants du BTP comme Vinci ou Bouygues, le pays procède à la modernisation de son appareil militaire qui pourrait déboucher sur d'importants contrats pour Paris. La France a déjà obtenu de participer à la modernisation de frégates saoudiennes et s'intéresse de près aux besoins de la marine du royaume ou à ses systèmes de défense antiaériens.

Paris aimerait participer au programme nucléaire saoudien et livrer ses Airbus à la compagnie Saoudia, mais aussi attirer davantage d'investissements "productifs" saoudiens en France, comme ceux qui ont permis le sauvetage du volailler Doux. Confirmation de François Hollande :

Les grands programmes d'équipement saoudiens correspondent aux domaines d'excellence des entreprises françaises. La France offre, quant à elle, des opportunités pour les investissements saoudiens qui peuvent y trouver le savoir-faire, les technologies et les services qu'ils recherchent.

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