Face à l'Iran, l'Arabie saoudite creuse ses tranchées. Faute de pouvoir "couper la tête du serpent" , Riyad mutliplie les messages au monde arabe sunnite. D'abord à l'Egypte de Mohamed Morsi. Les wahhabites ne portent pas les Frères musulmans dans leur coeur - pour eux, ce ne sont que des opportunistes qui utilisent la religion à des fins politiques- mais nécessité faisant loi, il faut maintenir l'Egypte du bon côté de l'alliance anti-iranienne comme au temps de Moubarak.

"Les Saoudiens ont fait passer un message à la direction égyptienne, nous a expliqué un diplomate : si vous faites le moindre geste à l'égard de l'Iran, ne comptez plus sur nous. S'il y a le moindre engagement vis-à-vis de Téhéran, à ce moment-là, notre assistance financière sera remise en cause."

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Dans l'esprit des Saoudiens, poursuit notre diplomate, "leur sentiment, c'est que les différents régimes Frères musulmans vivent du tourisme comme laTunisie et l'Egypte, on verra comment ils vont s'en sortir, mais ce qui est clair, c'est que comme l'Occident est ruiné, ce n'est pas lui qui va leur donner de l'argent. Donc la seule aide qu'ils peuvent recevoir, elle ne peut venir que des pays du Golfe, donc ils seront obligés de faire amende honorable."

Pour la Jordanie, pas besoin de rappeler à l'ordre le roi Abdallah II qui est ancré dans le camp occidental, et puis surtout en ce moment, c'est l'Arabie saoudite qui boucle les fins de mois du royaume hachémite à hauteur de 5% du budget jordanien. Quant à Bahrein, c'est une ligne rouge protégée par les blindés du Conseil de Coopération du Golfe. Et puis pour les Saoudiens, l'espace de confrontation avec l'Iran se situe en Syrie.

"Vu de Riyad, analyse notre diplomate, il faut que le régime de Bachar Al-Assad tombe, ce sera une première claque à l'Iran, un premier succès dans sa politique de containment. La ligne de front sera alors repoussée en Irak dirigé par Nouri Al-Maliki et considéré par les Saoudiens comme une marionnette des Iraniens."

Au yeux des Saoudiens, il y a deux scénarios à éviter : qu'Israël attaque l'Iran, Riyad préfère des frappes américaines, et puis la hantise des Saoudiens, c'est un "big deal" entre Washington et Téhéran, les laissant cocus une deuxième fois après la guerre d'Irak en 2003.

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