Eric Breteau et Emilie Lelouch à leur procès au Tchad en 2007
Eric Breteau et Emilie Lelouch à leur procès au Tchad en 2007 © PHOTOPQR/LE PARISIEN

Absents lors de leur premier procès en France, le fondateur de l'Arche de Zoé, Eric Breteau et Emilie Lelouch vont s'expliquer à partir d’aujourd’hui en appel sur leur tentative d'exfiltration du Tchad d'enfants présentés comme des orphelins du Darfour.

Cette fois-ci, ils seront bien présents. Absents lors de leur premier procès en France, Eric Breteau, 43 ans, et Emilie Lelouch, 37 ans, se présenteront aujourd’hui pour leur procès en appel.

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Une absence vivement critiquée lors du premier procès

En première instance en février, ils avaient été condamnés à trois ans de prison, dont deux fermes et 50.000 euros d'amende. Le tribunal correctionnel de Paris les avait déclarés coupables d'escroquerie, exercice illicite de l'activité d'intermédiaire à l'adoption et tentative d'aide à l'entrée ou au séjour de mineurs en situation irrégulière .

Leur absence avaient fait beaucoup parler et les critiques avaient été vives. La présidente du tribunal correctionnel avait notamment dénoncé une "grande lâcheté ", ou encore de certains bénévoles.

Placés en détention, ils avaient fini par obtenir leur libération sous contrôle judiciaire en avril. Ils sont dès lors déterminés à prouver leur "innocence ".

Rappel des faits

L'opération de L'Arche de Zoé avait été arrêtée net le 25 octobre 2007, alors que l'association s'apprêtait à embarquer dans l'est du Tchad avec 103 enfants affublés de faux pansements dans un avion spécialement affrété à destination de la France.

Selon plusieurs ONG, ces enfants étaient tchadiens pour la plupart et avaient au moins un parent en vie.

Eric Breteau et Emilie Lelouch avaient été condamnés au Tchad à huit ans de travaux forcés pour tentative d'enlèvement d'enfants. La peine avait été commuée en années de prison en France, avant que le président tchadien ne prononce une grâce en leur faveur.

La défense s’organise

L’avocate d’Eric Breteau et d’Emilie Lelouch l’affirme : ses clients n'ont "pas eu l'intention de faire de mal à qui que ce soit, les familles d'accueil, les bénévoles et encore moins les enfants. "

Elle ajoute que ses clients sont déterminés à "s'expliquer " devant la cour d'appel de Paris.

Des familles partagées

Parmi les familles d'accueil, dont une minorité estime avoir été trompée, certains les ont jugés "motivés " mais "maladroits ", "d'honnêtes gens qui ont bon cœur ".

D'autres en revanche les appelaient "les illuminés " ou les "maîtres de la persuasion ", étrillant un Eric Breteau "manipulateur ", "gourou ", qui a "menti " en se prévalant de soutiens politiques.

Procès en appel jusqu’au 29 novembre

Le couple comparaîtra avec le logisticien Alain Péligat, 62 ans, qui avait été condamné à six mois de prison avec sursis.

La cour d'appel devra également statuer sur le sort de l'association, condamnée en première instance à 100.000 euros d'amende et dont le tribunal avait prononcé la dissolution.

Les trois autres prévenus, condamnés en première instance à des peines de six mois à un an de prison avec sursis, n'ont quant à eux pas fait appel.

Le procès en appel est prévu jusqu'au 29 novembre.

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