l'état de santé d'ariel sharon s'est aggravé
l'état de santé d'ariel sharon s'est aggravé © reuters

L'état de santé de l'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon, plongé dans le coma depuis huit ans après une attaque cérébrale, s'est détérioré et le processus est sans doute irréversible, a confirmé jeudi le directeur du centre médical Sheba de Tel Aviv, où il est hospitalisé.

Zeev Rodstein,directeur du centre médical de Sheba a déclaré à la presse:

Je ne suis pas prophète, mais l'avis de ses médecins et de ses fils (...) est que l'évolution est négative. Nous jugeons son état critique et ses jours sont effectivement en danger. Le sentiment de tout le monde (...) est que cette détérioration est très grave.

Il s'agissait du premier point officiel sur l'état de santé de l'ancien général âgé de 85 ans depuis la diffusion la veille d'informations selon lesquelles son pronostic vital était engagé à la suite de problèmes rénaux. Ses deux fils sont à son chevet, indiquent les médecins et des funérailles nationales sont prévues pour celui qui fut longtemps le symbole de la puissance militaire israélienne dans la région.

D'après les médecins, son décès pourrait être une question de jours, voire d'heures, a déclaré un de ses anciens conseillers, Raanan Gissin. Ariel Sharon, qui n'est plus conscient depuis janvier 2006, est à la fois celui qui a participé à toutes les guerres israélo-arabes depuis celle de 1948-1949 après la fondation de l'Etat d'Israël jusqu'à celle du Kippour en 1973 et promu les implantations de colonies juives dans les territoires palestiniens, et aussi celui qui a créé la surprise en annonçant le retrait unilatéral de l'armée et des colons israéliens de la bande de Gaza en 2005.

Sabra et Chatila

Il restera aussi comme le responsable des massacres de Sabra et Chatila au Liban de septembre 1982. En 1983, Ariel Sharon, alors ministre de la Défense, a été déclaré par une commission d'enquête nationale comme directement responsable de la mort de centaines de Palestiniens dans les deux camps de réfugiés libanais de Sabra et Chatila, ce qui lui vaudra le surnom de "boucher de Beyrouth". Il avait dû démissionner.

Le massacre avait eu lieu après l'autorisation donnée par l'armée israélienne à des phalangistes chrétiens libanais de pénétrer dans les camps, officiellement pour y rechercher des activistes Palestiniens, deux jours après l'assassinat du président libanais Bachir Gemayel.

Selon Dedi Cohen, avocat de 38 ans:

On se souviendra de lui comme du dernier de la génération des fondateurs et combattants israéliens. Je sais qu'il était controversé mais il avait des valeurs. Il croyait à quelque chose. Cela manque de nos jours.

La maladie d'Ariel Sharon s'est déclarée peu après son départ du Likoud, le parti de droite de l'actuel Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, où il avait porté l'idée des implantations de colons juifs dans les territoires occupés par Israël en 1967 après la guerre des Six-Jours tout en fondant un courant centriste avec pour but déclaré de faire avancer la paix avec les Palestiniens.

Ariel Sharon est également à l'origine du mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie et de la décision d'Israël de se retirer du territoire palestinien de Gaza, aujourd'hui dirigé par le Hamas islamiste, opposé au président, laïque, de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dont l'autorité ne s'exerce de fait que sur la Cisjordanie.

A Gaza et en Cisjordanie, la personnalité de l'ancien général reste très controversée.

Selon l'un des dirigeants du Hamas, Khalil al Hayyaun:

Ariel Sharon va dans la même direction que les autres tyrans et criminels dont les mains sont couvertes du sang palestinien.

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