L’ex-patron des patrons algérien Ali Haddad a été retenu dans la nuit de samedi à dimanche par les douaniers à la frontière tunisienne alors qu’il aurait tenté de sortir du pays. On ignore le motif de son arrestation et où se trouve aujourd’hui celui qui, très proche du pouvoir, était connu comme un homme d'influence.

Ali Haddad, chef du forum des chefs d'entreprise, à Alger en octobre 2015. L'homme d'affaire, proche du président Bouteflika, a été arrêté le 30 mars 2019 à la frontière tunisienne.
Ali Haddad, chef du forum des chefs d'entreprise, à Alger en octobre 2015. L'homme d'affaire, proche du président Bouteflika, a été arrêté le 30 mars 2019 à la frontière tunisienne. © AFP / RYAD KRAMDI

Ali Haddad, 54 ans, se permettait de faire attendre les ministres dit, de lui un proche qui a depuis pris ses distances. Dirigeant du premier groupe privé de travaux publics algérien, ETRHB Haddad, Ali Haddad possède également deux journaux, deux chaînes de télévision et le club de football de l’USM Alger. 

Classé par Forbes comme l’un des cinq hommes les plus riches d’Algérie, il est nommé en 2014, à la tête du Forum des chefs d’entreprises (FCE). C’est un proche d’Abdelaziz Bouteflika et surtout de son frère Saïd. Dans la nuit de samedi à dimanche, il a été retenu par les douaniers à la frontière tunisienne alors qu’il aurait tenté de sortir du pays.

"C'est un bluffeur, il a profité beaucoup des commandes publiques" 

L’industriel spécialiste des énergies renouvelables, Mourad Louadah l’a longtemps côtoyé au sein du FCE. "C’est un ami mais il a profité des marchés publics" dit-il, "sa clef, c’était Saïd Bouteflika". Selon lui, Haddad "utilisait très bien le gouvernement, mais le gouvernement l'utilisait aussi très bien".

"Saïd Bouteflika n'aimait pas ses engagements. Il dérivait beaucoup" explique Mourad Louadah, décrivant un homme timide, peu à l’aise avec la communication et mal entouré. Ali Haddad a fait du FCE une instance politique et pas économique, dit-il. Louadah a lui-même claqué la porte du syndicat des patrons en désaccord avec son président. Très décrié pour son soutien sans faille à Abdelaziz Bouteflika, Ali Haddad a avait finalement démissionné du FCE le 28 mars dernier. 

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