Ce mercredi 20 janvier à 18h (heure de Paris), Joe Biden sera officiellement le 46e président des États-Unis, et Kamala Harris sa vice-présidente. Donald Trump refuse de participer à la cérémonie. Mais ce n'est pas la seule fois où des événements surprenants se sont produits en cette journée historique.

Joe Biden et Kamala Harris prêteront serment sur la bible mercredi à 18h (illustration)
Joe Biden et Kamala Harris prêteront serment sur la bible mercredi à 18h (illustration) © Getty / Frederick Bass

Habituellement, la journée d'investiture du président américain (Inauguration day) se déroule à peu près de la même manière, quels que soient les présidents, selon un même protocole et devant des millions de spectateurs venus pour l'occasion à Washington, ou postés devant leur écran de télé partout dans le monde. Et c’est à ce moment-là que le président élu devient officiellement président des États-Unis. L’ancien président, sa famille et son équipe doivent alors quitter la Maison Blanche pour laisser place aux prochains locataires. Mais cette année, tout est différent :

  • pour cause de Covid, pas de public, mais des invités triés sur le volet et des concerts virtuels
  • une capitale bouclée par 20 000 policiers et militaires en raison des événements violents du 6 janvier au Capitole
  • une cérémonie qui se fera en l'absence du président sortant : Donald Trump a en effet refusé d'y participer

Malgré tout, les investitures passées ont elles aussi parfois connu des événements inattendus. En voici quelques exemples.

Donald Trump, quatrième président à bouder l'investiture de son successeur

Donald Trump a déjà organisé son départ de la Maison-Blanche, à 7h du matin le 20 janvier, soit cinq heures avant l'investiture de Joe Biden. Il est le premier président en 150 ans, et le quatrième de toute l'histoire des États-Unis, à ne pas assister à l'événement. Selon l'historien Thomas Balcerski, cité sur CNN, trois présidents avant Donald Trump ont boycotté volontairement l'investiture de leur successeur :

John Adams n'a pas assisté à l'investiture de Thomas Jefferson en 1801.

Portrait de John Adams (1735 - 1826), 2e président des  États-Unis (1797 - 1801)
Portrait de John Adams (1735 - 1826), 2e président des États-Unis (1797 - 1801) © AFP / Bianchetti Stefano / Leemage

John Quincy Adams n'a pas assisté à celle d'Andrew Jackson en 1829. Et Andrew Johnson n'était pas là non plus pour l'intronisation d'Ulysses S. Grant en 1869.

Selon Barbara Perry, directrice des études présidentielles à l'Université de Virginie, c'est John Adams qui a instauré ce malheureux précédent en 1801, jamais copié jusqu'à ce que son propre fils John Quincy Adams le fasse en 1829.

Le président Harrison meurt un mois après son discours 

En 1841, le nouveau président William Henry Harrison proclame le discours le plus long jamais prononcé lors d’une investiture présidentielle. Il dure 1h40, dehors, devant le Capitole. Ce jour là, une tempête de pluie, de grêle, fait rage à Washington et le nouveau président, qui refuse de porter un manteau ou un chapeau, prend froid. Il mourra un mois après d’une pneumonie contractée le jour de son investiture. C’est le mandat présidentiel le plus court de l’histoire des États-Unis. Aujourd'hui, certains historiens émettent des doutes sur le jour précis où le président Harrison est tombé malade. 

Prêter serment sur la bible ? Pas toujours !

Le texte du serment que chaque président doit prononcer est inscrit dans l'Article II Section I of the Constitution, et contient 35 mots : "I do solemnly swear (or affirm) that I will faithfully execute the Office of President of the United States, and will to the best of my ability, preserve, protect and defend the Constitution of the United States."

"Je jure solennellement de remplir fidèlement la fonction de Président des États-Unis, et ferai tout mon possible pour préserver, protéger et défendre la Constitution des États-Unis"

Herbert Hoover est le dernier président à ne pas évoquer Dieu à la fin de sa prestation de serment, en 1929. De nos jours en effet, chaque président dit “So help me God” à la fin ("que Dieu m'aide").

John Quincy Adams, lui, n'a pas prêté serment sur une bible en 1825, mais sur un livre de droit contenant notamment la Constitution des États-Unis. Chaque président et vice-président choisit sa Bible.

En 2013, Barack Obama a utilisé deux bibles : l'une ayant appartenu à Martin Luther King et l’autre à Abraham Lincoln.

En 2017, Donald Trump a également utilisé deux bibles : celle d’Abraham Lincoln et celle de son enfance, offerte par sa mère.

Cette année, la bible sur laquelle s'engagera la vice-présidente Kamala Harris a appartenu à Thurgood Marshall, le premier homme noir nommé juge à la Cour Suprême (nommé en 1967 par le président Lyndon B. Johnson) célèbre pour son discours déclarant la ségrégation inconstitutionnelle dans les écoles publiques.

Theodore Roosevelt emporte avec lui une mèche de cheveu de Lincoln 

Lors de sa seconde investiture en 1905, Theodore Roosevelt portait une bague. Cette bague s'ouvrait et contenait… une mèche de cheveux d'Abraham Lincoln, son modèle ! Roosevelt admirait Lincoln depuis son plus jeune âge et c'est le secrétaire personnel de Lincoln qui lui avait donné cette bague contenant la mèche de cheveu de Lincoln. Roosevelt a porté le bijou en guise de porte-bonheur.

Seulement cinq heures pour déménager et emménager

Le jour même de chaque investiture, des camions de déménagement font des allers-retours devant la Maison Blanche. En effet, les équipes ont environ cinq heures pour déménager et emménager. L'idée est de permettre au nouveau président et à sa famille de se sentir "comme à la maison" tout de suite. Les vêtements, les effets personnels, tout est rangé pour que la famille puisse rentrer chez elle le soir, après une journée riche en émotions. Les meubles personnels sont emportés, les nouveaux sont installés. Mais les présidents ne peuvent pas forcément tout avoir avec eux lorsqu'ils vivent la Maison Blanche.

Au 21e siècle en effet, les objets connectés posent des questions de sécurité. Barack Obama a du se séparer de son Blackberry, Donald Trump d'un iPhone. Pour Joe Biden, c'est le vélo d'appartement connecté qui risque d'être interdit :

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Quand l'équipe Clinton retire tous les "W" des claviers

Le 20 janvier 2001, le républicain George W. Bush s’installe à la résidence présidentielle. Il a remporté la présidentielle bien que le démocrate Al Gore a recueilli la majorité des suffrages populaires (plus de 500 000 voix d'avance). George W. Bush a été élu par le Collège électoral le 18 décembre 2000, à l'issue de multiples recomptages des bulletins en Floride, État-clé. Coup dur pour les démocrates, qui y ont cru jusqu'au bout. 

Finalement, Al Gore reconnait sa défaite. La passation de pouvoirs a lieu entre le président Bill Clinton et George W. Bush. Mais l'équipe de ce dernier découvre une Maison Blanche remplie de "pièges" : moquette arrachée, colle dans les tiroirs, graffitis dans les toilettes, petits mots d’insultes dans les bureaux. Toutes les lettres W ont été arrachées ou endommagées sur les claviers d'ordinateurs : W comme dans George Walker Bush. Ces petites blagues auraient coûté quelque 15 000 dollars en réparations.

Quand les enfants de président écrivent à leurs successeurs

Il peut arriver que les enfants des présidents se donnent quelques conseils entre eux. En 2009, par exemple, les filles de George W. Bush ont écrit une lettre destinée aux deux filles de Barack et Michelle Obama. Les sœurs jumelles Barbara et Jenna Bush ont alors 27 ans et partent après huit ans de vie à la Maison Blanche. Elles laissent leurs chambres à Malia, 10 ans et Sasha, 7 ans. Leur lettre est truffée de conseils bienveillants. Puis, comme les enfants de président avant elles, elles offrent une visite guidée aux sœurs Obama.

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Le protocole veut également que la Première dame sortante organise une visite à sa remplaçante de la "résidence" à la Maison Blanche. Cette année, rien de tout ceci puisque Melania Trump ne sera pas présente pour accueillir sa successeure. Elle a d'ores et déjà enregistré et posté un message vidéo annonçant son départ. Elle ne prononce aucune parole pour le Dr Jill Biden, la prochaine First Lady.

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Les présidents sortants ont également pour habitude d'écrire une lettre à leur successeur. C'est le cas du républicain George Bush père à l'adresse du démocrate Bill Clinton en 1993. Il y écrit notamment :

"Je vous souhaite d'être heureux ici. Je n'y ai jamais ressenti la solitude décrite par certains. Il y aura des moments très durs... mais ne vous laissez pas décourager par les critiques."

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