L'eglise Saint-Thomas l'apôtre de Sarcelles
L'eglise Saint-Thomas l'apôtre de Sarcelles © Laëtitia Saavedra

Onze membres d'une même famille sont arrivés à l'aéroport de Roissy ce jeudi. Les persécutions des membres de cette communauté se poursuivent et empirent même. Une situation suivie de très près par la communauté chaldéenne de Sarcelles.

En Irak, les troupes de l'Etat islamique progressent toujours. A la mi-juillet, les chrétiens de Mossoul, la deuxième ville d'Irak, ont dû fuir en masse après avoir reçu un ultimatum des djihadistes ultra-radicaux de l'Etat islamique (EI), qui contrôlent la ville et de vastes parties du territoire.

Ce jeudi matin, onze de ces Irakiens de confession chrétienne sont arrivés à l'aéroport de Roissy grâce à un visa d'asile en raison des persécutions dont sont victimes les membres de cette communauté.

Selon l'Association d'entraide aux minorités d'Orient (AEMO), il s'agit des premiers chrétiens d'Irak à bénéficier de ce statut depuis que le gouvernement français a annoncé, le 28 juillet, vouloir favoriser leur accueil dans l'Hexagone.

Membres d'une seule et même famille, les onze réfugiés, arrivant de Bagdad les bras chargés de valises, ils ont été accueillis à leur arrivée en France par une demi-douzaine de militants associatifs.

Nabeel Yonan Yousif, 53 ans, remercie le gouvernement français et témoigne :

La situation pour les chrétiens d'Irak est désastreuse. On nous traite de mécréants. J'espère qu'il y aura un geste pour sauver les autres chrétiens qui sont menacés, notamment à Mossoul, où une chasse aux chrétiens a été lancée

Les jihadistes se sont emparés jeudi de Qaraqosh

Après le retrait des forces kurdes, la plus grande ville chrétienne d'Irak et d'autres zones près de Mossoul sont tombées aux mains des combattants de l'Etat islamique, poussant des dizaines de milliers de personnes à prendre la fuite. Qaraqosh compte en général 50.000 habitants, tous chrétiens. Mais avait accueilli ces derniers temps nombre de coreligionnaires chassés de Mossoul.

Les explications de Christian Christian Chesnot sur ce qui ressemble à une épuration ethnique et religieuse

Mgr Joseph Thomas, archevêque chaldéen de Kirkouk et Souleimaniyeh appelle à l'aide :

C'est une catastrophe, une situation tragique. Nous appelons le conseil de sécurité de l'ONU à intervenir immédiatement. Des dizaines de milliers de personnes terrifiées sont chassées de chez elles au moment où nous parlons, on ne peut pas décrire ce qui se passe.

Beaucoup de familles se sont réfugiés à Erbil, ville proche. Parmi les réfugiés, le frère Avis. Il envisage une "émigration collective"__ pour quitter l'Irak. Il doit en parler avec le consul de France.

Le frère Avis, joint par Alice Serrano

Nous sommes 200.000 personnes, sans ressources, désemparées.

La France a demandé hier une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'Onu

Dans un communiqué, Laurent Fabius écrit :

La France est très vivement préoccupée par les dernières avancées de l'Etat islamique en Irak et au Levant dans le nord de l'Irak et par la prise de Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d'Irak, et par les exactions intolérables qui sont commises

Le pape demande à la communauté internationale de protéger les populations en fuite

La communauté chaldéenne de Sarcelles prie face au désintêret occidental

Le père chaldeen Sabri Anar de l'eglise Saint-Thomas l'apôtre de Sarcelles
Le père chaldeen Sabri Anar de l'eglise Saint-Thomas l'apôtre de Sarcelles © Laëtitia Saavedra

Avant l'invasion américaine de 2003, plus d'un million de chrétiens vivaient en Irak, dont plus de 600.000 à Bagdad. En raison des violences meurtrières qui ont secoué le pays depuis 10 ans, ils ne sont aujourd'hui pas plus de 400.000 sur l'ensemble du territoire. Une situation suivie de très près par la communauté chaldéenne de Sarcelles la plus importante de France.

Reportage à Sarcelles, dans le Val d'Oise, de Laetitia Saavedra

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