Les photos de "Cesar" exposés su sièges de l'ONU difficilement supportables
Les photos de "Cesar" exposés su sièges de l'ONU difficilement supportables © REUTERS/Lucas Jackson

Une enquête pénale pour "crimes contre l'humanité" a été ouverte en France visant le régime de Bachar al-Assad, pour des exactions commises en Syrie entre 2011 et 2013.

L'enquête fait suite au "signalement" du ministère des Affaires étrangères, qui a fait parvenir au procureur de Paris François Molin un dossier contenant des éléments sur les pratiques présumées du gouvernement syrien et notamment le témoignage de "César", un ex-photographe de la police militaire syrienne qui s'était enfui de Syrie en juillet 2013, en emportant 55.000 photographies effroyables de corps torturés et morts de faim dans les prisons du régime, authentifiées par de nombreux experts.

Laurent Fabius se trouve à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies. Pour le ministre des Affaires étrangères, la France doit agir :

Face à ces crimes qui heurtent la conscience humaine, à cette bureaucratie de l'horreur, face à cette négation des valeurs d'humanité, il est de notre responsabilité d'agir contre l'impunité de ces assassins.

Le chef de la diplomatie française a appelé l'ONU et notamment la Commission d'enquête internationale sur la Syrie "à poursuivre avec une détermination renforcée son enquête".

Les explications de Luc Lemonnier

L'article 40 du code de procédure pénale oblige toute autorité publique à transmettre à la justice les informations qu'elle possède si elle a connaissance d'un crime ou d'un délit quel qu'il soit. Le pôle génocide du tribunal de grande instance de Paris est en charge du dossier. Pour savoir si la justice française est compétente pour juger les responsables présumés de ces crimes, il faut qu'un Français ou un Franco-Syrien figure parmi les victimes.

L'annonce de cette enquête intervient alors que la crise syrienne est au centre de l'Assemblée générale des Nations unies. François Hollande, qui a annoncé la première frappe de la France contre l'EI en Syrie, a réaffirmé lundi que la transition en Syrie passait par le départ du président syrien.

On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau. Assad est à l'origine du problème et il ne peut pas faire partie de la solution.

Pour le président français, il n'y a pas de pardon ni d'amnistie possibles pour le "bourreau" Assad.

Torture de masse

Les documents accumulés par "César", d'une cruauté insoutenable, provenant d'une carte-mémoire emportée par "César", avaient été projetées à l'Institut du monde arabe. Ecrit en anglais en lettres couleur sang, et intitulé "Assad's secret massacres" ("Les massacres secrets d'Assad"), le photoreportage était destiné aux instances internationales dont l'ONU, pour instruire un dossier sur la responsabilité du régime dans des "tortures de masse". On y voyait notamment des yeux arrachés, des personnes blessées au dos ou au ventre, des corps décharnés et aussi une photo montrant une centaine de cadavres gisant dans un hangar, au milieu de sacs de plastique devant servir à les enterrer. Damas avait alors qualifié ce rapport de "politique".

Garance Le Caisne était l'invité du 13h de France inter, elle est revenue sur le régime syrien de Bachar al-Assad et sur les raisons qui ont motivé César, exfiltré depuis du pays, à publier les clichés :

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