La France envoie dès ce mercredi 55 militaires et neuf marins-pompiers à Beyrouth (Liban), après les énormes explosions qui ont fait au moins 100 morts, mardi. Le détail des opérations prévues sur place.

Les dommages s'étendent à près de la moitié de la ville, selon le gouverneur de Beyrouth.
Les dommages s'étendent à près de la moitié de la ville, selon le gouverneur de Beyrouth. © AFP / Houssam Shbaro

La France est mobilisée, après les dévastatrices explosions à Beyrouth. L'aide promise par le président Emmanuel Macron est acheminée ce mercredi par deux avions militaires, avec à leur bord des personnels de la sécurité civile, plusieurs tonnes de matériel et un poste sanitaire mobile, d'après les informations communiquées par l'Elysée. La capitale du Liban a été dévastée hier par deux explosions, qui ont fait au moins cent morts et des milliers de blessés. Dans l'un des avions d'assistance humanitaire, 55 militaires de l'unité d'intervention et d'instruction de la sécurité civile de Nogent-le-Rotrou.

Rechercher de potentielles victimes sous les décombres

Parmi ces 55 militaires de l'unité d'intervention, 50 spécialistes du sauvetage. Un détachement des Nations Unies, dit "Insarag" (pour "International Search and Rescue Advisory Group"), qui rassemble aujourd’hui plus de 90 pays et/ou organisations. Les sauveteurs consolideront des bâtiments qui menaceraient de s’effondrer. Ils rechercheront des victimes potentiellement ensevelies sous les décombres. Le cas échéant, les spécialistes du sauvetage les sortiront, les soigneront sur place, avant de les envoyer vers les services hospitaliers. 

"Le tout étant au service des services de secours libanais. Ces équipes-là vont travailler complètement coordonnées, y compris avec d’autres équipes venant de l’international si besoin", indique à France Inter Michael Bernier, lieutenant-colonel à la Sécurité civile, spécialiste des explosions en milieu industriel.

Ces 50 sauveteurs seront assistés par cinq spécialistes du risque technologique. "Ils seront à leurs côtés pour identifier s’il y a des risques chimiques, des produits. On pourrait avoir une entreprise qui présente encore des risques", poursuit Michael Bernier : "Ils seront à leurs côtés pour que le personnel puisse travailler en sécurité, et aussi faire des évaluations de dégâts particuliers : sur des cuves de produits chimiques, dans des entreprises..."

À son arrivée, l'unité d'intervention sera accueillie par l’ambassadeur de France, accompagné des autorités locales. Le temps que le matériel soit déchargé, le chef de détachement sera immédiatement emmené à un briefing, où seront définies les missions, les lieux, les tâches : "Très vite ça se développe, c’est une machine très bien huilée."

"Le même matériel que pour les tremblements de terre"

Les secours sur place disposeront d'un matériel très perfectionné, précise Michael Bernier : "Il s'agit du même matériel que pour les tremblements de terre : des appareils pour écouter très finement en posant des micros sur du ciment, pour voir si vous n’entendez pas une personne taper quelque part ou respirer. Des matériels pour lever des plaques de béton, pour les couper." Mais aussi du matériel de détection, "pour voir si on n’a pas une fuite de produits chimiques à un endroit dans une entreprise, des produits de combustion qui pourraient être toxiques pour les gens."

Le spécialiste des explosions en milieu industriel décrit une mission complexe, "avec des risques très particuliers et cumulés". "Vous avez les effets d’un tremblement de terre, mais provoqués par un souffle d’explosion, avec des produits qui ont pu être propulsés, et des victimes qui subissent un double effet", souligne-t-il : "des effets de l’effondrement, mais aussi des effets du souffle de l’explosion. Vous pouvez vous retrouver avec des gens qui ont des problèmes respiratoires aigus de part l’explosion, ou qui ne vous entendent plus parce que les tympans ont été endommagés."

Deux autres vols en soutien

Embarqués dans un autre avion, neuf marins-pompiers de Marseille vont rejoindre directement les équipes à Beyrouth. "Il s'agit en fait de médecins infirmiers logisticiens, qui vont venir en appui médical et sanitaire de l’équipe engagée", précise Michael Bernier. De son côté, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian a annoncé qu'un troisième avion d'assistance humanitaire allait être dépêché par la France ce mercredi. 

Emmanuel Macron avait annoncé dans dès la nuit de mardi à mercredi sur Twitter que la France enverrait un détachement de la sécurité civile et "plusieurs tonnes de matériel sanitaire" à Beyrouth. 

"Quand le Liban saigne, la France souffre avec lui", avait aussi réagi mercredi l'ex-président François Hollande, appelant à une "solidarité internationale à la mesure des pertes humaines et des destructions" :

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