Attaque meurtrière au Pakistan
Attaque meurtrière au Pakistan © Radio France / T. Mughal

Des talibans pakistanais lourdement armés ont investi mardi une école gérée par l'armée pakistanaise dans la ville de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, prenant jusqu'à 500 élèves et professeurs en otage. On dénombre au moins une centaine d'enfants parmi les victimes.

La plupart ont été tués d'une balle dans la tête. 122 personnes ont également été blessées. Six heures après le début de l'assaut, la police a annoncé la mort des six assaillants. C'est la pire attaque terroriste jamais connue par le pays.

Les talibans ont revendiqué cette opération, qu'ils ont présentée comme une riposte à l'offensive lancée en juin par l'armée dans leur bastion du Nord-Waziristan.

Un porte-parole des talibans, Muhammad Umar Khorasani avait déclaré peu après l'attaque :

Nous avons visé une école de l'armée parce que le gouvernement s'en prend à nos familles et à nos femmes. Nous voulons qu'ils souffrent à leur tour. Nos kamikazes sont entrés dans l'école. Ils ont pour instruction de ne pas toucher aux enfants mais de cibler le personnel militaire.

"Extrémisme sauvage"

La prise d'otages a choqué bien au-delà des frontières du Pakistan. Le Haut-Commissais de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Za'ad Al Hussein, a condamné officiellement l'attaque, "un acte odieux".

Pour lui, les talibans se sont définitivement discrédités aux yeux de la communauté internationale : "Les talibans ont sombré à une profondeur encore jamais atteinte avec cette attaque. Tout le monde doit s'unir pour lutter contre ce type d'extrémisme sauvage."

Aucun gouvernement ou agences de renseignement, aucune personnalité religieuse, aucun sponsor, aucun individu ne peut avoir de justification pour continuer à supporter les talibans, les membres de l'ISIL de Boko Haram, d'Al-Qaïda ou l'un de ces groupes takfiris qui luttent contre ceux qu'ils estiment être de "faux musulmans", des groupes qui semblent être en concurrence pour savoir qui atteindra le plus haut niveau de la barbarie humaine .

"Les assaillants se sont mis à tirer dans les salles de classe" : le récit de Gaelle Lussia Berdou

Un professeur de l'école a raconté que l'attaque s'était déroulée en pleine session d'examens et que l'armée était intervenue environ une demi-heure après les premiers tirs.

Les soldats inspectent maintenant les classes l'une après l'autre. Les opérations de secours sont en cours. Il y a encore des échanges de tirs. La plupart des élèves et des enseignants ont été évacués

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, parlant de "tragédie nationale", a décidé de se rendre sur place.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.