L'attaque qui a fait 39 morts à la discothèque Reina, à Istanbul, est la 14e depuis janvier dernier. Dans les rues de la ville turque, les habitants tentent de faire face.

Un policier turc près du lieu de l'attaque contre la Reina, à Istanbul
Un policier turc près du lieu de l'attaque contre la Reina, à Istanbul © AFP / YASIN AKGUL

Les rues d'Istanbul étaient très calmes ce dimanche 1er janvier. Et ce n'était pas seulement en raison des lendemains de réveillon : près de la discothèque Reina, les restaurants de poisson toujours bondés le dimanche étaient plutôt vides, les bars, les cafés, fonctionnaient au ralenti : une crise qui dure depuis plusieurs mois, et qui risque de s'intensifier avec l'attaque de ce 1er janvier. Dans la nuit du Nouvel An, un assaillant a ouvert le feu sur 700 à 800 personnes réunies à la Reina, au bord du Bosphore, faisant 39 morts, dont de nombreux étrangers. Lundi matin, l'organisation État islamique a revendiqué l'attaque.

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"Bien sûr, il y a moins de consommateurs : les gens ont peur. Ils ont même peur de sortir dans les rues", explique Kerim Kesler, gérant d'un petit bar branche dans le centre de la ville. "Je peux dire que ça a commencé après le putsch raté du 15 juillet ; et après l'attentat de Besiktas en décembre, cette tendance s'est amplifiée. On ne sait pas ce qui va se passer ! Par exemple, mon café se trouve à côté d'un commissariat, comme il y a eu des attaques contre des policiers, cela m'inquiète", ajoute-t-il.

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"Je ne me laisserai pas abattre"

Depuis janvier dernier, cet attentat est le 14e que connait la Turquie. A Instabul, certains commencent à changer leurs habitudes, quand d'autres résistent. Assis à la terrasse du café qui jouxte la Reina, Yketa et Uveys sont les seuls clients présents ce soir du 1er janvier. "Au lendemain des attentats, nos familles nous disent de ne pas sortir, de ne pas aller dans les endroits ou il y a du monde. Mais il faut montrer aux gens qu'on n'a pas peur", disent-ils.

Tom, jeune Français venu déposer des roses devant le Reina, refuse de changer son programme de vacances. "Je suis touché, mais je n'ai pas envie de sombrer dans ce qu'ils ont envie de me faire faire : ne plus vivre", affirme-t-il. "Je veux continuer à boire des verres, rencontrer des gens, je ne me laisserai pas abattre par ce qu'il s'est passé".

"Comme s'il pouvait arriver quelque chose à tout moment"

Mais pour ceux qui ont vécu les choses de plus près, c'est parfois différent. "Forcément, vous changez vos habitudes, vous évitez les endroits bondés, les fêtes, comme s'il pouvait arriver quelque chose à tout moment", explique Sekan, serveur au café Bosphorus, qui a vu débarquer dimanche matin des clients paniqués de la Reina. Le serveur confie que lui ne sort plus depuis l'explosion de deux bombes meurtrières près du stade voisin du Bechiktas il y a trois semaines.

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La vague d'attentats a plombé le tourisme en Turquie en 2016, et désormais ce sont également les Turcs qui pourraient bouder les sorties dans les lieux publics. De leur côté, les autorités turques sont toujours à la recherche de l'auteur de la fusillade au Reina dans la nuit de samedi à dimanche.

Les attentats meurtriers à Istanbul depuis un an
Les attentats meurtriers à Istanbul depuis un an © Visactu
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