Une camionnette a foncé samedi soir dans la foule sur le London Bridge. Les assaillants ont ensuite attaqué les passants au couteau. L'enquête de Scotland Yard avance vite.

Les hommages des londoniens aux victimes se multiplient
Les hommages des londoniens aux victimes se multiplient © Reuters / Peter Nicholls

L'organisation État islamique a finalement revendiqué l'attaque de Londres perpétrée samedi soir vers 22h sur le London Bridge : "Un détachement de combattants de l'Etat islamique a exécuté l'attaque d'hier à Londres", peut-on lire dans ce communiqué mis en ligne dimanche soir par son organe de presse Amaq.

L'attentat a fait sept morts et 48 blessés. On a appris à 19h30, dimanche soir, qu'un Français avait tué dans l’attentat. C’est le ministre des Affaires étrangères qui l'a annoncé. Jean-Yves Le Drian précise également que sept ressortissants français sont blessés, dont quatre sont dans un état grave. Une autre personne est portée disparue.

Plus tôt dans la journée, les services de santé britanniques avaient annoncé que 21 personnes hospitalisées étaient dans un état "critique", sur les 36 victimes toujours hospitalisées. La Première ministre Theresa May s'est rendue au King's College Hospital au chevet de victimes.

Les assaillants ont frappé au cœur de la capitale britannique

C'est à London Bridge, peu après 22h locales (23h à Paris) qu'une camionnette blanche a foncé en zigzaguant sur la foule qui marchait sur le pont. Le véhicule s'est ensuite dirigé vers le quartier mitoyen de Borough Market où trois assaillants ont quitté le véhicule et ont commencé à poignarder les passants et les personnes se trouvant dans les bars. Beaucoup de témoignages ont été recueillis, et on sait maintenant que certains ont tenté de résister en tentant de barricader les portes ou en jetant des chaises et objets à la tête des assaillants. De nombreuses personnes sont sous le choc est important, et les récits sont terrifiants.

Les lieux de l'attentat de Londres
Les lieux de l'attentat de Londres © AFP

La police, arrivée extrêmement vite sur place, a abattu les trois assaillants huit minutes après avoir été appelée, a expliqué la chef de la police métropolitaine de Londres, Cressida Dick, au cours d'une conférence de presse dimanche matin.

La police refuse pour l'instant de donner la moindre information sur les trois suspects qui n'auraient pas encore été tous les trois formellement identifiés. Il s'agit, selon toute vraisemblance, de "terroristes islamistes au vu de leurs sources d'inspiration", a déclaré la ministre britannique de l'Intérieur, Amber Rudd. "Il faut maintenant en savoir plus sur l'origine de leur radicalisation", a-t-elle ajouté. Une opération a eu lieu à Barking, en grande périphérie de Londres ce dimanche matin. La police londonienne a arrêté 12 personnes en relation avec l'attentat avant d'en libérer une. Sept femmes figurent parmi les personnes interpellées."Des perquisitions sont en cours dans plusieurs lieux de Barking", a poursuivi Scotland Yard dans un communiqué. L'un des assaillants au moins aurait habité à cet endroit.

Dimanche après-midi, des opérations policières ont eu lieu dans l'est de Londres et les enquêteurs s'attachaient à vérifier si d'autres personnes étaient impliquées dans la préparation de l'attentat. L'enquête a aussi révélé que la camionnette qui a servi à faucher des piétons sur le London Bridge avait été louée récemment par l'un des trois hommes.

Les terroristes portaient de fausses vestes piégées, ce qui explique les explosions entendues durant la nuit. Huit policiers ont tiré au total une cinquantaine de balles pour neutraliser les trois assaillant.

Une très longue nuit

Alors que la police tentait de s'assurer que la menace était levée et recherchait les possible victimes, y compris dans la Tamise près du London Bridge, les Londoniens ont vécu dans l'angoisse. Les hélicoptères survolaient la ville en tout sens, dans le bruit des sirènes conduisant les victimes dans cinq hôpitaux londoniens. Beaucoup de ceux qui se trouvaient dans les bars du quartier de Borough Market ont dû y rester terrés de longues heures. On a vu des files d'hommes et de femmes, les mains levées, évacués par la police.

Quatre Français font partie des victimes

L'un de ces quatre Français se trouve dans un état grave. Selon la ministre chargée des Affaires européennes Marielle de Sarnez, les quatre victimes sont trois femmes et un homme, tous installés à Londres. Emmanuel Macron s'est entretenu dimanche après-midi avec certains membres des familles des ces quatre Français blessés.

L'ambassade de France au Royaume-Uni a mis en place un numéro d'urgence, pour les familles qui n'ont pas réussi à rentrer en contact avec des proches concernés par cette attaque.

L'ambassade avait aussi annoncé un renfort de sécurité pour le premier tour des élections législatives françaises, qui avait lieu ce dimanche pour les Français de l'étranger, à Londres au Lycée Charles de Gaulle.

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Troisième attentat en trois mois pour la Grande Bretagne

Cette attaque intervient moins de deux semaines après l'attentat qui a fait 22 morts le 22 mai à Manchester, lorsqu'un jeune Britannique d'origine libyenne s'est fait exploser à la sortie d'un concert de la pop star américaine Ariana Grande. L'attentat de Manchester avait été revendiqué par l'organisation djihadiste Etat Islamique.
Le 22 mars, également à Londres, un homme avait foncé sur la foule sur le pont de Westminster, tuant quatre personnes avant de poignarder à mort un policier.

Après l'attentat de Manchester, la Première ministre Theresa May avait élevé à son maximum le niveau d'alerte terroriste, avant de le ramener au niveau "critique", ce qui pourra lui être reproché.

Le terrorisme engendre le terrorisme

"Les attaques récentes ne sont pas liées les unes aux autres. Mais le terrorisme engendre le terrorisme" a expliqué Theresa May lors de sa conférence de presse à l'issue d'une réunion de crise interministérielle. Revenant sur les attaques de Londres et de Manchester, Theresa May a par révélé que "cinq autres attaques ont été déjouées".

"Si les attaques récentes ne sont pas liées par des réseaux, elles le sont par une idéologie qui prêche la haine et le communautarisme. Cette idéologie est une perversion de l'islam", a-t-elle expliqué. "Nous ne pouvons pas vaincre cette idéologie uniquement par des moyens militaires. Il faut changer l'état d'esprit de ces personnes. (...) Il faut donc empêcher cette idéologie de se répandre sur internet, grâce notamment à une collaboration internationale. Il faut priver ces extrémistes des espaces où ils peuvent s'exprimer librement sur internet" a-t-elle martelé annonçant visiblement, un durcissement des contrôles de la toile.

Si le parti conservateur britannique et plusieurs autres partis avaient suspendu samedi soir la campagne électorale pour les législatives du 8 juin, Theresa May a annoncé que la campagne allait reprendre dès lundi et que les élections se tiendront bien jeudi 8 juin, "Il ne faut jamais permettre que la violence perturbe le processus démocratique", a-t-elle dit.

Avis partagé par son adversaire travailliste Jérémy Corbyn.

Le président s'est entretenu dimanche à la mi-journée avec la Première ministre britannique Theresa May. Emmanuel Macron a notamment rappelé l'importance de la coopération européenne dans la lutte contre le terrorisme. Les deux dirigeants ont également souligné, selon l'Elysée, l'importance de lutter "contre la diffusion des messages de propagande terroristes sur les réseaux sociaux", l'un des grands thèmes de la conférence de presse de la première ministre britannique peu avant.

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