[scald=215647:sdl_editor_representation]BEYROUTH (Reuters) - Un attentat à la voiture piégée a fait 35 morts et plus de 200 blessés jeudi dans le centre de Damas, sur un boulevard fréquenté proche du siège du parti Baas au pouvoir et de l'ambassade de Russie, rapporte la télévision d'Etat syrienne.

Les images qu'elle a diffusées montrent quatre corps gisant dans la rue. L'explosion est due, selon la presse officielle, à un attentat suicide commis par les "terroristes" qui combattent le régime de Bachar al Assad.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a annoncé un bilan de 31 morts, des civils pour l'essentiel, dans cette explosion survenue à Mazraa. D'autres opposants ont déclaré que 40 personnes avaient été tuées, dont des enfants scolarisés dans ce quartier résidentiel.

Selon l'OSDH, une voiture piégée a été mise à feu à un point de contrôle proche du siège du parti Baas, lui-même situé à 200 mètres environ de l'ambassade de Russie.

Des voitures ont été endommagées jusqu'à 300 mètres du lieu de l'explosion, ajoute l'organisation proche de l'opposition et qui dresse quotidiennement le bilan des violences.

Un diplomate interrogé par l'agence russe Itar-Tass a déclaré que le souffle de l'explosion avait détruit les fenêtres de la mission, sans faire de blessés.

Le gouverneur de Damas, Bicher Sabban, a déclaré que le véhicule transportait 1 à 1,5 tonne d'explosifs.

Un correspondant de la télévision syrienne a dénombré 17 voitures carbonisées et une quarantaine d'autres détruites ou gravement endommagées par l'explosion, qui a creusé un cratère profond de 1,5 mètre dans la chaussée.

Des militants de l'opposition ont fait état de deux autres explosions dans la capitale après celle de Mazraa.

Selon l'OSDH, deux voitures piégées ont explosé devant des bâtiments des forces de sécurité à Barzeh, un quartier du nord-est de la capitale.

La télévision syrienne a annoncé l'interpellation d'un homme s'apprêtant à commettre un attentat suicide. Cinq bombes, dont une de 300 kg, ont été retrouvées selon elle dans son véhicule.

Le centre de Damas a été relativement épargné par les violences en près de deux ans de soulèvement anti-Assad, dont le bilan est d'environ 70.000 morts selon l'Onu.

Mais les banlieues de la capitale sont le théâtre de combats acharnés et les rebelles n'hésitent pas à frapper régulièrement au coeur de la ville.

Le Front al Nousra, proche d'Al Qaïda, a revendiqué 17 attaques autour de Damas au cours de la première quinzaine de février, dont au moins sept attentats à la bombe.

Dominic Evans; Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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