Les autorités espagnoles et françaises mènent une véritable traque pour retrouver l'un des suspects. L'enquête autour des attentats catalans a mis en évidence une cellule dormante.

La police espagnole poursuivait samedi la traque d'un des derniers membres encore en fuite de la cellule qui a commis les attentats de Barcelone et Cambrils.
La police espagnole poursuivait samedi la traque d'un des derniers membres encore en fuite de la cellule qui a commis les attentats de Barcelone et Cambrils. © AFP / PAU BARRENA

Le profil des terroristes se dessine 48 heures après les attentats à la voiture-bélier perpétrés sur l'avenue Las Ramblas, à Barcelone, et sur la promenade de la cité balnéaire de Cambrils dans laquelle 14 personnes sont mortes et près de 120 ont été blessées, dont 12 se trouvent toujours dans un état critique.

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Samedi midi, le groupe État islamique a revendiqué le second attentat, à Cambrils, ce que l'organisation terroriste n'avait pas fait jusqu'alors : après la tuerie de Barcelone, l'attentat à la voiture-bélier avait rapidement été revendiqué jeudi soir.

Cellule dormante démantelée

Les premiers éléments de l'enquête ont révélé l'existence d'une cellule dormante qui préparait depuis des mois des attentats susceptibles de faire des centaines de victimes. Scindée en deux, au nord à Ripoll et au sud, à Alcanar, la cellule envisageait d'utiliser des voitures piégées, des ceintures d'explosifs... Si la planque, située à Alcanar, n'avait pas explosée mercredi soir, les attaques auraient pu être d'une gravité encore plus importante.

Sur place, les secours ont découvert plus d'une centaine de bonbonnes de gaz et les corps de ce qu'ils pensent être deux artificiers dans les restes de la maison qui a littéralement explosé. La présence de TATP, l'explosif utilisé à Paris et Bruxelles, a également été détectée, tout comme de nombreux boulons. Des éléments qui indiquent bien l'intention de confectionner des ceintures d'explosifs.

Chasse à l'homme

Pour l'heure, la police cherche toujours à identifier les deux derniers terroristes abattus dans la nuit de jeudi à vendredi à Cambrils - les trois autres, tous d'origine marocaine, ont été identifiés - et recherchent un suspect, Younès Abouyaaqoub. Âgé de 22 ans, l'homme dont la photo circule partout en Catalogne, dans les régions voisines et à la frontière avec la France, aurait pu traverser les Pyrénées à bord d'un Kangoo blanc. Une théorie réfutée par le ministère de l'Intérieur qui affirme avoir mis en place des contrôles dès l'attentat de Barcelone jeudi.

Depuis 48 heures, les noms de deux autres suspects sont apparus : les frères Oubakir, Driss et Moussa. Le plus jeune, Moussa, 18 ans, a d'abord été suspecté d'être le conducteur du van qui a fauché des dizaines de personnes dans la principale avenue touristique de Barcelone. Il est l'un des cinq hommes abattus dans la nuit à Cambrils. L'implication de son frère, Driss, reste à déterminer. Ses papiers ont été retrouvés dans l'un des véhicules utilisés par les terroristes, papiers qu'il affirme s'être fait dérober. Inconnu des services de renseignement, Driss Oubakir nie toute responsabilité dans ces attentats.

Dispositif poussé

Mais à mesure que l'enquête avance, la thèse que ce soit bien Younes Abouyaaqoub, l'homme toujours recherché, qui conduisait la camionnette meurtrière, se confirme. Le scénario de sa fuite se précise : quelques minutes après l'attaque, le suspect aurait emprunté le métro à un arrêt situé à quelques mètres de l'endroit où il a abandonné sa fourgonnette pour se rendre au terminus de la ligne 3, à l'ouest de Barcelone. Par la suite, il se serait emparé d'une Ford Focus, tuant au passage son conducteur dont le corps est laissé à l'arrière de la voiture.

Prenant la direction du sud de Barcelone, il aurait été obligé d'abandonner le véhicule après avoir tenté de forcer un barrage et essuyé des tirs. Sa fuite semble se poursuivre à pieds, ce qui lui permet de semer la police.

L'interrogation vient surtout de la façon dont s'est constituée cette équipe, puisqu'aucun des membres n'était connu des services de renseignement.

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