Alors que les arrivées ont repris avec force (des dizaines de milliers de personnes chaque jour), les réfugiés Rohingyas sont aussi un marché pour la population locale.

Satara, 28 ans, tend une photo de sa famille. Presque tous sont morts.
Satara, 28 ans, tend une photo de sa famille. Presque tous sont morts. © Radio France / Julie Pietri

Comment un pays extrêmement pauvre, comme le Bangladesh, peut-il accueillir des centaines de milliers de personnes en seulement quelques semaines ?  C’est toute une économie locale qui se met en place.  

Aux abords des camps de réfugiés, des commerçants Bangladais vendent légumes, boissons et gâteaux. Ici, le camp de Kutupalong.
Aux abords des camps de réfugiés, des commerçants Bangladais vendent légumes, boissons et gâteaux. Ici, le camp de Kutupalong. © Radio France / Julie Pietri

Même là où l’argent est rare, il y a des affaires. En bordure du camp de Kutupalong, le long d’une route, des échoppes se sont installées. Quelques gâteaux sont à vendre, des jus de fruits  et des légumes frais. 

Une femme Rohingya s’approche, un voile noir à bordures dorés recouvre une partie de son visage. Elle tente de négocier le prix de quelques olives sans succès. Puis elle rebrousse chemin, son bébé calé dans le creux de son bras. 

Les produits sont vendus plus chers ici qu’ailleurs à cause de la demande

"Je me suis installé il y a deux mois" explique ce commerçant Bangladais, qui vient chaque matin d’une ville toute proche. "Quand j’ai entendu que les Rohingyas s’installaient ici, je me suis dit qu’il y avait un marché. Je fais du bon business. Les produits sont vendus plus chers ici qu’ailleurs à cause de la demande". 

Personne ici pour aider vraiment

Un peu plus loin, Shabourdine Bangladais lui aussi attend debout, devant une pile de bambous. "Je vends ces bambous. Mais les prix baissent un peu. Avant il n’y avait personne ici pour aider vraiment. Mais maintenant, le gouvernement fournit des bambous gratuitement aux réfugiés. On a moins de clients. "

Toute la journée de jeunes garçons, des enfants parfois, transportent sur leurs épaules ou leurs têtes, ces lots de bambous. Pour les apporter vers le terrain qui accueillera leur fragile maison. 

Le reportage de Julie Pietri et Marcos Darras : 

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E Rohingyas business ok

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