En quelques semaines, la situation déjà critique de la Covid-19 au Brésil s'est encore aggravée. Dans la même semaine, le pays a franchi le cap des 300 000 morts en un an et battu le triste record du nombre de morts en une seule journée. L'ancien président Lula a évoqué le "plus gros génocide" de l'histoire du Brésil.

Un portrait tagué du président Jair Bolsonaro
Un portrait tagué du président Jair Bolsonaro © AFP / Leo Malafaia

Le Brésil de Jair Bolsonaro traverse le pire moment de la crise sanitaire. Corps entassés dans des couloirs d'hôpitaux débordés, décès faute de lits de soins intensifs, stocks d'oxygène épuisés... la deuxième vague de l'épidémie, après celle, déjà meurtrière, de 2020, touche tout le pays en même temps et tue des patients plus jeunes.  

Mercredi, le Brésil, qui connait une hausse constante des contaminations depuis février, a franchi le triste cap des 300 000 personnes mortes des suites de la Covid-19, ce qui en fait le deuxième pays le plus touché au monde après les États-Unis. Mais surtout, le lendemain, près de 100 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés. Et mardi, le pays avait déploré la mort de 3 158 personnes des suites de cette maladie en 24 heures.  

"Le plus gros génocide de notre histoire" 

Vendredi, l'ancien président Lula a déclaré, dans une interview, que Jair Bolsonaro devait "s'excuser" s'il avait "un peu de grandeur" pour sa gestion de l'épidémie. "C'est le plus gros génocide de notre histoire", a-t-il déclaré. "Notre attention ne doit pas se porter sur les élections de l'année prochaine, mais sur la lutte contre le virus et la vaccination de la population". L'ancien chef de l'État a tracé un portrait cinglant de la politique de son successeur : _ _"Il ne croit pas aux vaccinations, il a dépensé une fortune pour un médicament appelé hydroxychloroquine, même s'il a été prouvé qu'il ne faisait aucun bien (…)." 

"Pendant un an il n'a pas pris ce virus au sérieux (…). S'il avait un peu de grandeur, il se serait excusé auprès des familles des 300 000 morts du Covid et des millions de personnes infectées". 

Mercredi, Jair Bolsonaro a annoncé la mise en place d'un comité de lutte contre l'épidémie, alors qu'à peine 3,7 millions de Brésiliens ont reçu deux doses du vaccin depuis le lancement. À Sao Paulo et Rio de Janeiro, des mesures de restriction ont été prises, comme la fermeture des bars et des restaurants, et une avancée des vacances scolaires. Mais pour les détracteurs du dirigeant d'extrême droite, il est déjà trop tard. 

Deux vaccins concurrents en projet 

Vendredi par ailleurs, deux annonces concernant les vaccins ont été faites coup sur coup : Joao Doria, gouverneur de l'État de Sao Paulo et principal adversaire politique de Bolsonaro, a déclaré que l'insitut Butantan, qui est sous sa tutelle, était en pleine élaboration d'un vaccin qui pourrait être distribué dès le mois de mai. Le même jour, le ministre des Sciences et de la Recherche Marcos Pontes a annoncé que le gouvernement avait "investi" dans plusieurs projets de vaccins, et que l'un d'entre eux était en cours de demande d'autorisation pour des essais cliniques.