À une semaine du second tour de l’élection présidentielle au Brésil, la bataille est rude entre le candidat travailliste Fernando Haddad et son rival, en tête des sondages, Jair Bolsonaro. Tous les deux doivent faire face à des "fake news" diffusées sur les réseaux sociaux.

Cours d'éducation à l'analyse des médias au Brésil, obligatoires dans le pays
Cours d'éducation à l'analyse des médias au Brésil, obligatoires dans le pays © AFP / Miguel Schincariol

La campagne présidentielle au Brésil se retrouvera-t-elle au cœur d'une polémique liée à des fake news, comme en 2016 la présidentielle aux États-Unis ou lors du référendum du Brexit au Royaume-Uni ? Les fausses informations pullulent sur les réseaux sociaux, depuis le début de la campagne.

Dernier exemple en date : les accusations du candidat de gauche à l’élection présidentielle envers l’équipe de Jair Bolsonaro. Selon Fernando Haddad, son rival a orchestré une campagne de diffamation avec des milliers de messages envoyés sur WhatsApp. "Dans n'importe quel pays, cela serait un scandale énorme, qui pourrait mener à une invalidation de candidature."

Le candidat travailliste a même déposé ce jeudi une demande d’enquête auprès du Tribunal supérieur électoral (TSE). Il évoque ce qui peut être "un crime électoral". Jair Bolsonaro, arrivé en tête du premier tour, nie fermement et a réagi sur Twitter : "Le PT ne souffre pas des fausses informations, mais de la VÉRITÉ".

Selon le quotidien Folha de Sao Paulo, des agences auraient été mandatées pour envoyer des millions de messages de propagande via la messagerie WhatsApp, très utilisée par les Brésiliens. 

Une cinquantaine de fake news repérées

C’est dans les semaines avant le premier tour, le 7 octobre, que les campagnes de "fake news" ont été les plus importantes. D’après Globo, une cinquantaine de fake news ont circulé depuis le début de la campagne. À la veille du premier tour, plus de vingt-trois plaintes avaient été déposées au Tribunal supérieur électoral (TSE).

Après avoir été poignardé en plein rue le 6 septembre, de nombreux internautes ont relayé un message publié sur Facebook : "C’est prouvé : Jair Bolsonaro a FABRIQUÉ un attentat contre lui-même pour convaincre les indécis."

La fondation Getulia Vargas a analysé la portée de cette théorie du complot intitulé "fake facada" (faux coup de poignard). Le résultat : cette rumeur était diffusée par 40 % des utilisateurs de Twitter qui ont réagi à l’événement. 

Il est difficile de lutter contre les fausses informations au Brésil. 48% de la population s’informent sur l’élection par internet, d’après un sondage de l’institut Ibope.

Fernando Haddad, la principale cible

Le candidat travailliste Fernando Haddad a aussi été la cible de fausses informations durant la campagne : "Dès l’âge de 5 ans, chaque enfant deviendra propriété de l’État. Et ce sera à nous de décider s’il sera un garçon ou une fille". Ce message a été partagé plus de 150 000 fois sur Facebook, avant qu’il ne soit supprimé. Dans sa rubrique spécialisée sur les fake news, Globo déconstruit l’idée que l’ex-maire de São Paulo souhaiterait enseigner l’homosexualité aux enfants dès l’âge de six ans, grâce à un kit gay. Entre 2005 et 2012, Fernando Haddad était alors ministre de l’Éducation. Il avait réclamé la distribution d’un manuel scolaire pour lutter contre l’homophobie.

Ulcéré, le 3 octobre dernier, le candidat de la gauche brésilienne avait décidé de prendre la parole pour démentir les fausses informations à son sujet. 

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