Au Brésil, les déclarations de Jair Bolsonaro sur la politique étrangère préoccupent la puissante industrie de l'agrobusiness au Brésil.

Bolsonaro va-t-il devoir choisir entre les évangéliste et ses exportations de viande halal ?
Bolsonaro va-t-il devoir choisir entre les évangéliste et ses exportations de viande halal ? © AFP / Ricardo MORAES / POOL /

Brésil, 1er exportateur mondial de viande halal pour le bœuf et la volaille

Le président élu a annoncé qu’il souhaitait transférer l’ambassade brésilienne de Tel-Aviv à Jérusalem sans mesurer les dégâts économiques de cette décision. Depuis, ses alliés de l’agrobusiness tentent de le ramener à la raison pour ne pas perdre les précieux marchés de la viande hallal.

Cela faisait près de 10 ans que les producteurs de viande brésiliens avaient décidé de se spécialiser dans la viande hallal. En abattant les animaux selon les principes coraniques, le Brésil a gagné les marchés de près de 20 pays musulmans dont l'Égypte, l'Arabie Saoudite, l’Irak, l’Iran, la Turquie, l’Indonésie ou encore le Pakistan. Une stratégie payante : le Brésil est depuis un an le premier exportateur mondial de viande halal pour le bœuf et la volaille. Mais la volonté du nouveau président élu de transférer l’ambassade brésilienne à Jérusalem pourrait être fatale à cette réussite des producteurs de viande. 

Un cadeau à ses alliés évangéliques

Ce transfert annoncé par Jair Bolsonaro est un cadeau aux évangéliques qui soutiennent Israël pour des raisons plus religieuses que géopolitiques. Mais Bolsonaro est aussi l'allié de l’agrobusiness qui peut lui offrir un précieux appui au Parlement s’il ne gêne pas leurs intérêts. Or cette question de la viande halal est le premier conflit entre le président et les députés préoccupés par les exportations brésiliennes. 

Les pays musulmans semblent déjà réagir à l’annonce de Bolsonaro. L’Égypte vient d’annuler une visite du ministre des Affaires étrangères brésilien qui accompagnait justement une mission économique brésilienne. L’agrobusiness répète depuis des jours que les échanges avec Israël ne représentent rien à côté de ceux avec le monde arabe et musulman. Reste à savoir désormais si Jair Bolsonaro penchera pour les alliés évangéliques ou s’il suivra les conseils commerciaux des producteurs agricoles. 

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