Le Burundi est le théâtre de violences depuis un mois.
Le Burundi est le théâtre de violences depuis un mois. © Reuters

REPORTAGE | Bujumbura vit son trentième jour de tension, au lendemain de l'assassinat d'un des leaders de l'opposition, Zedi Feruzi. Dimanche, son enterrement avait des allures de manifestation et aujourd'hui les opposants ont retrouvé la rue. Notre reporter Antoine Giniaux y a assisté.

Bujumbura a vécu une nouvelle journée sous haute tension. Plusieurs barrages ont été reconstruits pendant la nuit, et dans plusieurs quartiers de la capitale Burundaise les slogans et les marches pour demander le départ du président Pierre Nkurunziza ont repriset dès le matin, les manifestants ont de nouveau défié la police.

Écoutez le reportage d'Antoine Giniaux et Laurent Macchietti à Bujumbura

1'02

Les manifestations ont repris

Des manifestations à Bujumbura qui ont fait plus de 20 blssés, mais également en province où au moins un protestataire a été tué par les tirs des policiers. La mobilisation, plutôt timide dans la matinée, est montée en puissance dans la journée, au fil des incidents avec la police.

Dimanche, c'est autour d'un cercueil que la colère grondait, un cercueil aux allures de symbole. Dessus, deux drapeaux : celui du Burundi, et celui du parti d’opposition auquel appartenait Zedi Ferouzi. Tout autour, des pancartes avec des slogans écrits à la main : "Non a la violence", "Non aux crimes contre l’humanité" ... Même l’imam appelle au calme, un calme pourtant précaire selon Patrick et Djibril, deux étudiants.

Ça va être compliqué, je ne sais pas quelle expression utiliser... On en vient à tuer nos leaders ! Sans l’intervention de la communauté internationale, les pouvoirs et les partis vont nous tuer tous.

Quand on tue un leader du parti de l’opposition en présence des forces de sécurité, on n'intervient pas, c’est quel gouvernement ? C'est ça qu’on n'accepte pas. S’ils veulent la violence, ils verront aussi la population se révolter.

La présidence a depuis démenti, se disant "choquée" et demandant "que la lumière soit faite de façon urgente afin que les coupables soient traduits devant la justice". Mais pour certains opposants, c'est évidemment "un assassinat politique". Un député passé à l'opposition estime même que "la Révolution française a été gagnée à Paris : au Burundi, nous pouvons gagner la révolution en partant de Bujumbura".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.