Ce jeudi 24 septembre, à quarante jours de l'élection présidentielle américaine, Donald Trump était en meeting à Jacksonville en Floride. Nous avons vécu ce rendez-vous, important pour le président, au milieu de la foule. Récit.

A chaque bon mot du président, la foule exulte.
A chaque bon mot du président, la foule exulte. © Radio France / Benjamin Fontaine

Le président américain était en meeting ce jeudi 24 septembre. A quarante jours de l'élection présidentielle, Donald Trump s'est rendu à l'aéroport de Cecil à Jacksonville en Floride, un Etat qu'il ne doit pas perdre le 3 novembre.

C'est en Floride que le candidat républicain avait lancé sa campagne 2020, mais la pandémie de Covid l'avait empêché jusqu'alors de venir y donner un meeting. Nous avons assisté à ce rendez-vous au cœur de la foule.

Les supporters de Donald Trump ne manquent pas d'imagination.
Les supporters de Donald Trump ne manquent pas d'imagination. © Radio France / Benjamin Fontaine

Participer à un meeting de Donald Trump, c'est admirer des tenues plus originales les unes que les autres. Wonderwoman, Superman, les super héros sont là. 

Josh, 28 ans, a même enfilé son plus beau costume aux couleurs de la bannière étoilée. 

Je suis fier du drapeau américain ; Donald Trump a su nous rendre fiers de notre pays. C'est un grand politicien !

Sur les stands, les chaussettes Trump, les porte-clés Trump, les drapeaux et bien sûr les casquettes Trump se vendent à la pelle. Les prix varient du simple au double. Une vendeur admet :

Le business Trump, c'est un bon business

Peu de masques dans la foule malgré les consignes

Les supporters sont à la fête, mais la bonne ambiance ne doit pas faire oublier que le Covid est toujours là. Prise de température au poignet, distribution de bouteilles de gel hydroalcoolique et de masques. Les organisateurs ont tout prévu et diffusent les messages de prévention. Pourtant les cartons de masques restent bien garnis. 

Je n'ai pas besoin de masque. Nous sommes en plein air. Le virus ne va pas nous sauter dessus, raconte Mila, 66 ans. J'ai résisté pour l'instant alors il n'y a pas de raison

En entrant sur la piste, où doit se tenir le meeting, on s'aperçoit rapidement que les milliers de supporters présents sont du même avis que Mila. Rares sont ceux qui portent un masque !

Air Force se pose derrière le public

Avant l'arrivée du Président, la foule écoute les représentants locaux du parti républicain. Le gouverneur de Floride Ron DeSantis se montre particulièrement belliqueux. Après les discours, la musique monte, la foule s'électrise. Il est 18h55, l'avion présidentiel se pose juste derrière la tribune principale avec cinq minutes de retard seulement. L'image est spectaculaire. Les bras sont levés. Les portables filment et photographient la scène.

Alors que "Macho man" de Village People résonne sur la piste, le Président sort d'Air Force One et rejoint le podium. Les pancartes "Vote","Latinos with Trump"et "Women with Trump" s'agitent et apportent un peu d'air. Avant de s'en prendre aux médias, Donald Trump lance :

Je suis ravi de revenir à la maison. 

"J'espère que les caméras vont filmer cette foule. Vous savez ils n'aiment pas ça. Ce n'est pas facile pour nous de gagner à cause des fausses informations." Sans attendre, des milliers de regards se tournent alors vers les journalistes positionnés en face du Président. Des huées retentissent et des "CNN sucks" ("CNN c'est de la merde") fusent. Ambiance.

"Il a été grand pendant la crise du Covid"

Pendant près d'une heure, Donald Trump joue ses classiques : critique des médias, piques à Joe Biden (appelé "Sleepy Joe", "Joe l'endormi")  et ses amis démocrates. "C'est la personne avec le moins d'énergie que j'ai rencontrée dans ma vie." Le républicain agite le chiffon rouge du socialisme et promet le pire pour l'économie si Biden est élu. Il dit son amour des hispano-américains. Une population qui lui semble de plus en plus favorable si l'on en croit les derniers sondages. 

Donald Trump assure à ses électeurs qu'ils n'ont encore rien vu et que l'Amérique sera encore plus grande dans quatre ans. Après s'être attribué des bons points dans la gestion de la pandémie de Covid-19, il assure que l'année prochaine sera la meilleure que son pays n'a jamais connu. 

"Je trouve qu'il a été grand pendant la crise. Il a bien géré, mais il aurait dû fermer les frontières plus tôt. Je crois aussi qu'il faut donner de la chloroquine à ceux qui en veulent" glisse Lisa. 

"C'est lui qu'il nous faut !"

Une heure de discours et puis s'en va

Une autre chanson des Village People accompagne la sortie du Président. Sur la musique de "YMCA", Donald Trump esquisse même quelques pas de danse. Pour le public, c'est l'heure des selfies avec le candidat en arrière plan. "C'était incroyable. Il m'a encore plus convaincu de voter pour lui," s'enthousiasme Franck, trentaine. 

"Qui pourrait avoir envie de voter pour Joe l'endormi quand on voit l'énergie de Trump ? C'est lui qu'il nous faut !" ajoute sa petite amie Laura. 

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