La question est un enjeu majeur pour l'ensemble des pays du monde, mais la position difficile à suivre de Donald Trump sur le sujet pourrait empêcher de l'aborder de front.

Manifestants américains pour l'accord de Paris en mars 2017
Manifestants américains pour l'accord de Paris en mars 2017 © AFP / Toshifumi Kitamura

Comme sur d'autres sujets, Donald Trump a mis de l'eau dans son vin (californien ?) sur l'accord de Paris, adopté en 2015 et entré en vigueur le 4 novembre 2016. Pendant sa campagne présidentielle, il souhaitait sortir du pacte mondial contre le réchauffement climatique. Mais depuis, la situation a changé : son entourage est divisé sur la question, et le président américain lui-même semble hésiter. La décision a en tout cas été reportée au retour d'Europe de Donald Trump, laissant peu d'espoir à une avancée sur le sujet lors du G7, vendredi et samedi, où l'on pensait pourtant il y a quelques mois qu'il serait central.

Pour Tom Burke, président de l'ONG britannique E3G, estime même que tout l'enjeu sera de ne fâcher personne : "Que le président américain puisse repartir en disant : nous ne sommes pas allés plus loin. Et que le reste des pays puissent affirmer : il n'y a pas eu de recul". Une sorte de guerre de positions climatique. Il faudra tout de même que la question soit a minima évoquée dans le communiqué final, sous peine de donner un sacré coup à l'efficacité de l'accord de 2015.

Jouer sur les hésitations et la majorité

Plusieurs pays (dont les six autres du G7) tentent donc de faire pression, plus ou moins amicalement, sur le peu convaincu président américain. Emmanuel Macron, notamment, a évoqué la question avec lui lors de leur rencontre à Bruxelles jeudi, conjurant Washington de ne pas prendre une "décision précipitée sur le sujet [des accords de Paris]". Le président français a également annoncé qu'il comptait "très fortement sur la Chine", qui a ratifié symboliquement le texte en même temps que les États-Unis. À eux deux, Pékin et Washington émettent 38 % des gaz à effet de serre de la planète.

C'est d'ailleurs cette ratification qui pose problème à Donald Trump : depuis le 4 novembre 2016, l'accord de Paris est devenu contraignant pour les signataires les plus pollueurs, dont les États-Unis. Mais même en droit international, impossible n'est pas Trump.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.