Barack Obama au Kenya dîner de famille
Barack Obama au Kenya dîner de famille © Reuters / Jonathan Ernst

Barack Obama est arrivé vendredi soir au Kenya pour une visite sous le signe de l'économie et de la lutte contre le terrorisme. C'est le premier président américain à se rendre dans ce pays.

Au lendemain de son arrivée sur le sol kényan, Barack Obama a donné une conférence de presse ce samedi après-midi. Il a réclamé « l'égalité des droits" pour les homosexuels en Afrique, comparant l'homophobie à la discrimination raciale qu'ont connue les Etats-Unis. "J'ai été constant à travers toute l'Afrique là-dessus. Quand vous commencez à traiter les gens différemment, parce qu'ils sont différents, vous vous engagez sur un terrain où la liberté s'érode. […] En tant qu'afro-américain aux Etats-Unis, je suis douloureusement conscient de ce qu'il se passe quand les gens sont traités différemment devant la loi ". Le locataire de la Maison Blanche avait déjà apporté son soutien aux homosexuels sur le continent, estimant depuis Dakar en 2013 que "quels que soient la race, la religion, le genre, l'orientation sexuelle, face à la loi, tout le monde doit avoir les mêmes droits ".

Le président kényan Uhuru Kenyatta, dont le vice-président William Ruto a multiplié les sorties homophobes ces derniers temps, lui a répondu qu'il y avait des "choses que, nous devons l'admettre, nous ne partageons pas ". "Il est très difficile pour nous d'imposer à la population ce qu'elle n'accepte pas elle-même. C'est pour cela que je dis que pour les Kényans aujourd'hui, la question des droits des gays est vraiment un non-suje t".

Economie et terrorisme au reste du programme

Ce samedi matin, Barack Obama a ouvert avec son homologue kényan un sommet mondial sur l'entrepreunariat, sur un ton résolument optimiste. "L'Afrique est en marche " a déclaré Barack Obama, après avoir salué la salle en swahili. Le président a encouragé les jeunes entrepreneurs, rappellé l'importance de la lutte contre la corruption.

Lors de cette visite, de nombreux contrats devraient être signés, en particulier dans le domaine de l’énergie et les nouvelles technologies. Le Kenya est la première économie de la région (6% de croissance pour 2015) , avec des industries diversifiées : des start-ups, du pétrole récemment découvert. Les Etats-Unis espèrent aussi faire aboutir un "méga projet" à Lamu, sur les bords de l'océan Indien : ils veulent y construire un port, des rails, un pipeline pour rallier tout l'est africain et les sites pétroliers kényans à la côte.

Autre dossier brûlant : le terrorisme . Le Kenya est la cible d’attentats du groupe Shebab, allié à Al-Qaïda. En avril dernier, des assaillants ont tué plus de 140 étudiants sur le campus de Garissa dans le nord du pays. Le sujet était au coeur de l'entretien entre Uhuru Kenyatta et Barack Obama ce samedi après-midi. Le président américain a estimé que "les réseaux des islamistes somaliens shebab sont affaiblis en Afrique de l'Est. Cela ne veut pas dire que le problème est résolu ".

L'enfant prodige de retour au pays

Si les deux chefs d'Etat n'ont pas toujours été sur la même longueur d'onde ce samedi, l'arrivée de Barack Obama vendredi soir sur le tarmac de l’aéroport international Jomo-Kenyatta s'est faite en grande pompes et avec des sourires.

Il a été accueilli par le président Uhuru Kenyatta, mais aussi par sa demi-sœur Auma Obama, qu’il a prise dans ses bras. Le président des Etats-Unis a passé un long moment à dire bonjour à tous les officiels, très à l’aise. Il a ensuite pris une voiture direction le centre de la capitale Nairobi pour un dîner avec sa famille kenyane réunie au grand complet, car Barack Obama ne se rendre à Kogelo (ouest du Kenya), le village de ses ancêtres. Au passage de sa voiture blindée, des klaxons ont résonné dans les rues ; les taxis, les motos et les bus étaient même coiffés de drapeaux américains.

Barack Obama avec sa demi soeur à son arrivée au Kenya
Barack Obama avec sa demi soeur à son arrivée au Kenya © MaxPPP / Daniel Irungu

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Nairobi en état de siège

13.000 personnes assurent la sécurité du président américain. A l’entrée des magasins, les fouilles sont systématiques. Des avions militaires quadrillent la ville. Plusieurs centaines d'agents du "Secret service", l'agence chargée de la sécurité du dirigeant américain, sont déjà arrivés depuis plusieurs jours. Avant l'arrivée de barack Obama, ils avaient passé au crible trois hôtels. De son côté, le Kenya mobilise près d'un quart de ses effectifs de police.

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