Le pays traverse la pire crise économique depuis 30 ans. Et comme ils l’avaient déjà fait en octobre dernier, des milliers de Libanais se sont rassemblés pour réclamer le départ de la classe politique, accusée d’avoir mené le pays à la faillite par la corruption et le clientélisme.

Manifestants à Beyrouth, le samedi 6 juin
Manifestants à Beyrouth, le samedi 6 juin © AFP / Patrick Baz

Ils étaient environ 10.000, ce samedi, dans le centre-ville de la capitale libanaise. Rien à voir avec la mobilisation d’octobre dernier, mais la crise du Covid est passée par là, et la crise économique, elle, n’a fait qu’empirer.

"Depuis octobre, rien n'a changé", s'inquiète Susanne, restauratrice à Beyrouth. "La pauvreté est à plus de 50 %, tous les établissements ont fermé, on ne peut plus travailler ! C'est devenu impossible."

En mars, le Liban a fait défaut sur sa dette. Sa monnaie nationale s’est effondrée, l’inflation galope, les dépôts des Libanais sont bloqués dans les banques, menacés par un État en faillite.

Dispersion par les forces de l'ordre

Drapeau libanais autour du front, Nadim est étudiant. Il explique qu'il n'y a pas que "la crise économique" qui empoisonne la vie des Libanais, mais aussi "les partis politiques, qui sont plutôt des mafias, et qui règnent aujourd'hui au Liban"

Des partis communautaires, accusés d'être derrière les violences qui ont finalement amené les forces de l’ordre à disperser la manifestation. "Nous sommes contre ça", assure Tarek, membre d'un jeune parti non-communautaire, qui tente d’exister dans le paysage confessionnel libanais. "Ils ont envoyé des gens pour pousser les jeunes à se confronter [avec la police], pour donner une mauvaise image de notre lutte. Mais on va résister à ça, et continuer à inclure tout le monde."

Les incidents lors de la manifestation, la première depuis l'allègement du confinement dans le pays, ont fait 50 blessés.

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