Le roi du Maroc a gracié 188 personnes emprisonnées pour avoir participé au mouvement de protestation Hirak, né dans la région du Rif.

Des centaines de personnes ont manifesté comme ici à Rabat pour obtenir la libération de militants du mouvement de protestation Hirak.
Des centaines de personnes ont manifesté comme ici à Rabat pour obtenir la libération de militants du mouvement de protestation Hirak. © AFP / FADEL SENNA

Trois mois après le mouvement de protestation du Rif, dans le nord du Maroc, le roi Mohammed VI a libéré 188 personnes ayant participé à ces manifestations. 

Le Conseil national des droits de l'homme a précisé que ces militants purgeaint des peines de 2 à 3 ans de prison à Casablanca. Ils avaient été condamnés fin juin, lors d'un long procès des leaders de ce mouvement né dans le Rif en 2016. Les autres grâces concernent des personnes issues de ce même mouvement condamnées par les tribunaux de Nador et El Hoceima. 

Dans un tweet, on peut découvrir les images de l'un de ces militants, Najib Bouzambou, qui retrouve son quartier et ses amis. 

Le mouvement Hirak était né après la mort atroce d'un jeune vendeur de poisson broyé dans une benne à ordures. La mort du jeune homme avait cristallisé tout le désespoir, toute la colère de la population du Rif, cette région du Maroc au passé rebelle.

Répression féroce des manifestations

Une région située au nord du pays, qui a été en quelque sorte punie par la monarchie.E Elle a été maintenue à l'écart du développement économique du pays. Avec une population très jeune, un taux de chômage ahurissant, cette zone géographique est embourbée économiquement et socialement.

Mais la répression féroce des manifestations n'a pas fait taire la colère, qui, à basse intensité, continue de se propager dans l'est du Maroc et de faire son chemin dans l'opinion publique marocaine.  

En fait, avec la libération de ces 188 personnes, Mohammed VI joue les équilibristes, en tentant de perpétuer un certaine image de la monarchie marocaine, une sorte de paternalisme de patriarche, qui aime et châtie de la même main.

En graciant les militants, Mohammed VI accède en partie aux appels à la clémence lancés par des personnalités emblématiques comme la fille d'Abdelkirm Al Khattabi, le héros de la guerre du Rif, qu'il a reçu récemment.

Les deux têtes de file de la contestation restent en prison

Mais en excluant les deux têtes de file de la contestation, le roi veut aussi montrer qu'il reste inflexible face à ceux qui tenteraient d'affaiblir son autorité. Dans ce contexte, il faut également comprendre l'annonce du rétablissement du service militaire obligatoire au Maroc. Cette décision est probablement motivée par la volonté de développer le patriotisme. Un message clair alors que les manifestants du Rif sont accusés d'avoir porté atteinte à la sécurité du pays, de promouvoir des visées séparatistes. Autant dire, de vouloir détruire le Maroc, indissociable de sa monarchie.

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