Beira, deuxième ville du Mozambique, a été presque entièrement détruite par les intempéries provoquées par le cyclone Idai. Ce dernier aurait causé la mort d'au moins un millier d'habitants, dans le pays et dans le Zimbabwe voisin.

Dans les rues de Beira (Mozambique), le 17 mars 2019, après le passage du cyclone Idai.
Dans les rues de Beira (Mozambique), le 17 mars 2019, après le passage du cyclone Idai. © AFP / ADRIEN BARBIER

La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), a annoncé ce lundi la destruction à 90% de Beira (530 000 habitants, soit légèrement plus que la population de Lyon) et des environs, au Mozambique, alors que le cyclone Idai, qui s'est abattu vendredi et samedi sur le pays, se déplaçait vers le Zimbabwe voisin. Selon un dernier bilan, 68 personnes ont été tuées au Mozambique, dont 55 dans la seule ville portuaire de Beira, et 70 au Zimbabwe. Mais le président Nyusi estime que le bilan final "pourrait dépasser le millier de morts".

"L'étendue des dégâts est terrifiante"

Caroline Haga, de la Fédération internationale de la Croix Rouge, témoigne sur place : "La situation est très difficile. Hier, nous avons survolé la ville en hélicoptère, et nous avons pris la mesure des destructions. De nombreuses maisons sont détruites, les toits se sont envolés, les arbres sont arrachés, les poteaux électriques abattus. Il n’y a pas d’électricité, et la ville est privée de téléphone. On nous a dit que la situation à l’extérieur de Beira est encore pire. Nous n’avons pas pu y accéder pour l’instant, car toutes les routes sont coupées. Le seul moyen de s’y rendre, c’est l’hélicoptère, et c’est ce que tous les humanitaires essaient de faire en ce moment."

Un autre des porte-parole de La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a qualifié d'énorme et de terrifiante l'étendue des dégâts causés par le cyclone : "La situation est terrible. [...] Les moyens de communication ont été totalement coupés et les routes sont détruites. Des communautés sont inaccessibles". Ce dernier a ajouté également que dimanche, "un gros barrage a lâché et coupé la dernière route encore accessible pour se rendre en ville".

L'inquiétude gagne Maputo, la capitale du Mozambique. Cette habitante explique à quel point il est difficile d'avoir des nouvelles en provenance de Beira et de ses environs : "On a encore très peu de nouvelles. Par accès terrestre, la route est encore bloquée à une centaine de kilomètre de Beira. Pour le moment, les secours ne peuvent pas tellement arriver. Beira est bien sûr moins touchée que les quartiers périphériques, les abords de la ville, qui sont encore inaccessibles. Jusqu’à hier, Beira était un peu isolée du monde : pas de communications, pas d’accès aériens, pas d’accès terrestres. Ça commence tout juste à reprendre."

Les gens s’entraident : tout le monde essaie de chercher tout le monde, de se passer des messages, des listes de noms. Les réseaux sociaux aident beaucoup là-dessus. Ce qui est sûr, c’est que Beira va avoir besoin de beaucoup d’aide.

Des pluies encore attendues

Le bilan pourrait s'alourdir une fois connue l'étendue des dégâts, sans compter que de fortes pluies sont encore attendues dans la région. D'après Adrien Barbier, journaliste de l'AFP et du Monde Afrique, qui s'est rendu sur place, "on redoute désormais l'ouverture des barrages en amont qui sont pleins à plus de 90%. La "vague" produirait d'énormes inondations, quantités de sinistrés et beaucoup plus de morts."

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