L'émir du Qatar a approuvé une dite "Loi pour l'emploi domestique" destinée à protéger les dizaines de milliers d'employés de maison étrangers de l'émirat

Le Qatar va accorder une protection juridique aux employés de maison
Le Qatar va accorder une protection juridique aux employés de maison © Radio France / Hemis / Walter Bibikow

Le Cheikh Tamin ben Hamad Al Thani a signé mardi une loi qui protège les ressortissants étrangers employés à des tâches domestiques, comme les personnels de maison, les cuisiniers ou les chauffeur. Ils sont plusieurs centaines de milliers venus d’Asie et d’Afrique à travailler dans l'Émirat.

Les ONG, comme Amnesty ou Human Rights Watch, mais aussi la Fifa et le CIO, militent depuis longtemps pour qu'on mette fin à la situation que connaissaient les employés domestiques, mais aussi les travailleurs sur les chantiers.

La nouvelle loi contraint désormais les employeurs à payer un salaire tous les mois à leur personnel et prévoit, entre autres, au moins un jour libre par semaine et trois semaines de congés annuels.

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Le nouveau code du travail qatarien fixe à 10h la durée légale du travail pour les 100 000 employés domestiques étrangers, principalement Philippins et Népalais et interdit par ailleurs le recrutement d'employés dont l'âge inférieur à 18 ans.

Un alignement sur des principes qui ne sont pas, au départ, ceux de l'Émirat, rappelle Marie-Cécile Naves, auteur du livre Le pouvoir du Sport : "sur les chantiers de construction de la Coupe du monde de 2022 il y a eu des dizaines de morts, des passeports confisqué des conditions de travail très très dures, sous la chaleur.

Au-delà de la comm il y a une vraie volonté d’aller vers d’avantage de respect des droits, parce que ça fait partie des critères d’attribution des grandes compétitions sportives internationales. On ne peut pas s’en passer aujourd’hui.

Le Qatar doit en effet accueillir la Coupe du monde de football de 2022. Sous la pression internationale, l'émirat a déjà adopté des réformes destinées à améliorer les conditions des travailleurs immigrés employés sur les chantiers des stades de la compétition. Mais ces réformes n'avaient pas été étendues jusqu'ici aux employés de maison.

La nouvelle loi n'a pas levé, par contre, l'obligation d'être parrainé rappelle Marie-Cécile Naves : "la Kafala est un système qui entrave la liberté de circulation et la liberté des travailleurs étrangers en imposant un parrain local, ils ne peuvent pas changer d’emploi ou quitter le territoire sans l’autorisation de ce parrain ou d’une entreprise".

Quelles suites seront réservées aux plaintes pour abus sexuels rapportées devant une commission parlementaire népalaise est également en question. Les observateurs internationaux demandent des mécanismes contraignants pour appliquer cette loi.

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