Au Royaume-Uni, le gouvernement fait tout pour trouver une solution au Brexit avant le 23 mai. Mais plus les jours passent, plus on se rapproche des élections européennes. Un vrai casse tête pour les candidats, de droite, de gauche, pro ou anti-Brexit qui doivent, dans la précipitation, improviser une campagne.

Des manifestants anti-Brexit devant le Parlement britannique à Londres.
Des manifestants anti-Brexit devant le Parlement britannique à Londres. © AFP / Wiktor Szymanowicz

Ils espéraient ne pas avoir à le faire mais, même si le gouvernement britannique fait tout pour trouver une solution au Brexit avant le 23 mai, plus les jours passent plus le Royaume-Uni se rapproche des élections européennes (du 23 au 26 mai 2019). De fait, le pays se retrouve contraint de se lancer dans une campagne électorale. 

Lui n’a pas encore imprimé les affiches, ni les tracts. Il n’a pas non plus de slogan... Mais Seb Dance n’a pas le choix. Député européen travailliste de Londres, il a trois semaines, pour convaincre. "On va faire campagne le soir et les week-ends… Ce qui est drôle, c’est qu’on découvre aujourd’hui qu’on est censés avoir surveillé nos comptes de campagne depuis la fin du mois de janvier... Du coup, on doit vérifier que toutes les dépenses qu’on a faites ne dépassent pas les plafonds prévus par la loi !

Les pro-Brexit eux aussi font campagne

Mais ce n’est pas le plus compliqué. Car si Seb Danse le travailliste fait ouvertement campagne pour rester dans l’Union européenne, les conservateurs pro-Brexit, comme John Flack, tentent d’expliquer aux électeurs qu’ils veulent aller à Bruxelles, pour mieux couper les ponts avec l’Europe. 

"On ne sait pas si les élections vont avoir lieu ou pas", dit-il. "Mais, que le Royaume-Uni continue à faire partie de l’Union européenne pour des semaines, des mois ou des années, il faut qu’on envoie là-bas des gens capables de remplir leur mission. On ne peut pas envoyer un troupeau d’ânes qui perturbe le fonctionnement du Parlement Européen".

L'abstention, principal problème des Britanniques

Car les eurosceptiques, comme Jacob Rees Mogg ont déjà promis de mettre des bâtons dans les roues européennes. Le Parti du Brexit caracole d'ailleurs en tête des sondages. Mais le véritable problème, c’est l’abstention. Lors des dernières élections, en 2014, 36% seulement des Britanniques se sont déplacés dans les bureaux de vote. 

Pour inverser la tendance, les étudiants sillonnent les rues de la capitale, pro et anti-Brexit ensemble, explique Elie Varley, venue de Canterbury. "Un tiers des jeunes ne sont pas inscrits sur les listes" dit-elle. Elle explique l'action menée : "Alors on a pris un camion, et on fait aussi campagne sur Internet pour cibler les universités, les campus, les écoles… Pour être sûrs que les jeunes seront inscrits avant le 7 mai". 

En cas de second référendum, cette implication des jeunes, pourrait tout changer. À cause de la disparition d’une partie des électeurs âgés, qui ont voté majoritairement Brexit en 2016, le Royaume-Uni pourrait cette fois, choisir de rester dans l’Union européenne. 

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