Une nouvelle journée de manifestation se déroule ce samedi au Venezuela, alors que le pays est toujours bloqué entre deux leaders : l'opposant Juan Guaido, président par intérim autoproclamé et soutenu par de nombreux pays étrangers, et le président Nicols Maduro, accusé d'avoir été élu illégitimement.

Les forces spéciales du Venezuela ont procédé à l'incarcération de 943 personnes depuis l'autoproclamation de Juan Guaido, il y a dix jours.
Les forces spéciales du Venezuela ont procédé à l'incarcération de 943 personnes depuis l'autoproclamation de Juan Guaido, il y a dix jours. © AFP / Federico PARRA

"Le Venezuela connaît l'une des périodes répressives les plus graves de ces dernières années", analyse Gonzalo Hionom, l'un des responsables de l'ONG Foro Penal, qui alerte sur les violation des des droits de l'Homme.

L'ONG qui surveille de près ls placements en détention à la suite des manifestations et constate la répression mise en place par Nicolas Maduro pour réprimer la contestation.

Depuis 2014, 13 915 emprisonnements sont dénombrés dans le pays. Dont 943 ces 10 derniers jours. Près d'un millier, depuis l’autoproclamation de Juan Guaido, avec des forces de sécurité "nerveuses",  qui "tentent d’agir à l’abris des regards" dénonce Gonzalo Hioniom.

Le gouvernement veut neutraliser son ancien socle électoral

"La répression commence après les manifestations", explique-t-il : "généralement ça se passe de nuit. Ce sont les forces spéciales qui s’en chargent, avec la police et la garde nationale bolivarienne."

Mais là où la répression marque un tournant pour le gouvernement vénézuélien, c'est parce que les autorités prennent désormais pour cible "les quartiers pauvres, ce qui démontre que le gouvernement a perdu assez clairement le soutien populaire qui par le passé a été son porte drapeau" analyse Gonzalo Hionom.

Les quartiers défavorisés, socle électoral d'Hugo Chavez et de Nicolas Maduro, se joignent désormais à une contestation qui a toujours été dénoncée par le gouvernement comme étant l’œuvre des classes riches, sous l’impulsion des États-Unis. C’est la grande nouveauté de ce mouvement que certains qualifient déjà de printemps vénézuélien.

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