Au Venezuela, la situation se tend encore après la destitution de la figure de l'opposition, la procureure Luisa Ortega, et l'attaque d'une base militaire dans le nord du pays.

Deux personnes ont été tuées et huit faites prisonnières après une tentative de rébellion dans une base militaire au nord du pays.
Deux personnes ont été tuées et huit faites prisonnières après une tentative de rébellion dans une base militaire au nord du pays. © AFP / RONALDO SCHEMIDT

La présidence de Nicolas Maduro prend une tournure autoritaire inquiétante au Venezuela. Ce week-end, un cap a été franchi avec la révocation de Luisa Ortega. Jusqu'à samedi procureure générale, Luisa Ortega, une figure de l'opposition, avait demandé à la justice l'annulation de l'Assemblée constituante dont l'élection est décriée après des soupçons de manipulation.

C'est cette assemblée même qui a décider de destituer la procureure, avec le soutien de la garde nationale. Un acte que déplore Renée Fregosi, directrice de recherche à l'Institut des hautes études d'Amérique latine : "On est dans une fiction de débat constitutionnel."

Dimanche, la violence a franchi un pallier supplémentaire, après une tentative de rebéllion à Valencia, à 170km à l'ouest de Caracas. Deux personnes auraient été tuées et huit seraient prisonnières parmi les militaires insurgés, qualifiés de "terroristes" par le gouvernement. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux et diffusée par plusieurs médias, ces opposants affirmaient vouloir mener un "action civique et militaire pour rétablir l'ordre constitutionnel".

Cuba, médiateur naturel

A l'étranger, des voix commencent à s'élever contre la répression exercée sur le territoire vénézuélien. Les membres du Mercosur, le marché commun d'Amérique du Sud, ont décidé de suspendre leurs relations avec le Venezuela samedi et plusieurs parlementaires européens demandent que des sanctions soient prises. Dans cette crise, le président Maduro n'a plus beaucoup d'alliés, si ce n'est Cuba, qui pourrait jouer le rôle d'arbitre. "Plus aucun pays de la région ne semble lui accorder de crédit sauf bien sûr son allié historique", estime Renée Fregosi.

L'armée vénézuélienne a été formée à la méthode cubaine, La Havane est l'un des principaux bénéficiaires des réserves pétrolières de Caracas. Tout cela constitue des liens forts qui, d'après le président colombien Juan Manuel Santos, font de Cuba le candidat naturel pour jouer le médiateur" entre Nicolas Maduro et ses opposants, un médiateur partisan, mais a priori le seul à pouvoir stopper cette crise politique qui affame une grande partie des Vénézuéliens depuis maintenant plus de trois ans.

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