Le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro célèbre sa victoire au lendemain de l'élection de l'Assemblée constituante, un scrutin rejeté par l'opposition.

Vêtu de rouge, Nicolas Maduro a défié les condamnations internationales et crié à la victoire.
Vêtu de rouge, Nicolas Maduro a défié les condamnations internationales et crié à la victoire. © AFP / RONALDO SCHEMIDT

L'élection de la nouvelle Assemblée constituante au Venezuela, ce dimanche, demeure contestée. En dépit d'un taux de participation très faible de 41,5% soit 8 millions de Vénézuéliens selon le Conseil national électoral, le président socialiste Nicolas Maduro a crié victoire lundi, qualifiant le scrutin de "plus grand vote de la révolution bolivarienne depuis 18 ans". Qu'importent les critiques à l'étranger et les appels de l'opposition à poursuivre les manifestations.

© Visactu

Des manifestations qui, après deux jours de grève générale la semaine passée, ont entraîné des violences et la mort de dix personnes - 120 au total en quatre mois, depuis le début des manifestations. Dimanche, alors que les bureaux de vote étaient surveillés par l'armée, opposants et forces de l'ordre se sont affrontés à Caracas et dans d'autres villes lors de batailles rangées à coups de balles en caoutchouc ou gaz lacrymogènes contre jets de pierre et cocktails Molotov.

Nicolas Marduo souhaite lever l'immunité parlementaire de ses opposants

La Constituante de 545 membres, qui doit siéger dès mercredi et diriger le pays pour une durée indéterminée, pourra dissoudre le Parlement actuel dominé par l'opposition et rédiger une nouvelle Constitution, remplaçant celle promulguée en 1999 par le défunt président Hugo Chavez. Nicolas Maduro espère que la nouvelle Assemblée constituante lève, au passage, l'immunité des parlementaires de l'opposition pour qu'ils soient jugés.

Dès dimanche soir, les adversaires du régime chaviste ont appelé à manifester à nouveau lundi et mercredi contre cette Assemblée qui selon eux ne va servir qu'à renforcer les pouvoirs du chef de l'Etat et le maintenir en place. L'un des meneurs de l'opposition, Henrique Capriles, a dénoncé "un massacre" et "une fraude". Il refuse de reconnaître "ce processus frauduleux : "pour nous il est nul, il n'existe pas".

Washington menace de sanctionner fortement le pays

Le Département d'Etat américain a dénoncé le scrutin, estimant que la Constituante vise à "saper le droit du peuple vénézuélien à l'auto-détermination" et menaçant de nouvelles sanctions américaines "fortes et rapides". Washington a déjà infligé des sanctions financières à 13 anciens et actuels responsables gouvernementaux vénézuéliens.

D'autres voix se font entendre à l'étranger pour condamner l'élection, à commencer par la Colombie, le Panama, le Pérou, l'Argentine et le Costa Rica qui refusent de reconnaître la Constituante. Une décision à laquelle s'est ralliée l'Espagne lundi, précisant qu'elle "ne pourra reconnaître ni accorder la validité aux actes juridiques" de cette Assemblée. Dans son communiqué, le ministère espagnol des Relations extérieures estime que la Constituante "ne représente pas la volonté majoritaire des Vénézuéliens". Le Brésil s'est aussi fait entendre, appelant les autorités vénézuéliennes à suspendre leur installation.

En Europe, l'Union européenne s'est dite "préoccupée" par le "sort de la démocratie" au Venezuela.

Et en France, le parti communiste a appelé lundi le gouvernement à une "médiation internationale" et exhorté le Quai d'Orsay à ne pas suivre l'exemple américain. Le PCF reproche ainsi à Washington de "jeter de l'huile sur le feu" plutôt que "de créer les conditions d'une médiation internationale sous l'égide de l'ONU afin de rétablir la paix et la sécurité". Les communistes regrettent le "lourd tribut" payé par le peuple vénézuélien et appelle "à un arrêt immédiat des violences".

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.