Coup d'envoi ce mardi au Sénat américain (à majorité républicaine) des auditions des futurs membres du cabinet de Donald Trump. Un cabinet très controversé.

Etats-Unis : le controversé cabinet Trump auditionné au Sénat à partir du 10 janvier
Etats-Unis : le controversé cabinet Trump auditionné au Sénat à partir du 10 janvier © Reuters / Mike Segar

Donald Trump a choisi 18 des 21 postes de cabinet à pourvoir. Plusieurs de ces choix -voire tous- sont des personnalités controversées.

Les futurs ministres de Trump auditionnés par le Sénat
Les futurs ministres de Trump auditionnés par le Sénat © Reuters / staff

Mais le futur Président des Etats-Unis se dit persuadé qu'"ils passeront tous" lors des auditions au Sénat sensées valider (ou non) leur nomination. De leur côté, les Démocrates alertent sur le fond et la forme de ces auditions.

Un calendrier trop serré

La manière dont vont se dérouler les auditions des futurs ministres de Trump est remise en cause par le camp démocrate. Ce calendrier est jugé touffu. Et trop rapide. Neuf auditions sont ainsi prévues d'ici vendredi. D'autant que le directeur du Bureau d'éthique du gouvernement affirme que les personnalités concernées n'ont pas encore fait l'objet des vérifications éthiques nécessaires précédant habituellement ces auditions. Les antécédents de certains n'ont pas encore été vérifiés, alors que d'autres n'ont toujours pas fourni leur déclaration de revenus.

Chuck Schumer, leader démocrate au Sénat, accuse Donald Trump de s'allier avec le Sénat à majorité républicaine "pour faire passer ces candidats" avant qu'ils aient été correctement vérifiés par le bureau d'éthique.

Traduction : en 2009, le leader de la minorité Républicaine a envoyé au leader Démocrate sa liste de pré-recommandations pour les auditions des futurs ministres. Nos recommandations aujourd'hui sont les mêmes que les siennes à l'époque (NDLR : à savoir notamment le casier judiciaire communiqué au sénat avant l'audition, idem pour les déclarations d'impôts etc)

Une première audition mouvementée

Les membres du Ku Klux Klan sont bien, mais ils fument de la marijuana. Jeff Sessions, futur ministre de la Justice.

Jeff Sessions, futur ministre de la justice de Trump
Jeff Sessions, futur ministre de la justice de Trump © Reuters / Jonathan Erns

Jeff Sessions, proposé par Trump au poste de ministre de la Justice, est le premier à être interrogé par le Sénat. Contre l'avortement, la régularisation des immigrants sans-papiers et le mariage homosexuel, ce sénateur du Sud (Alabama) est un conservateur pur jus. Il a tenu des propos racistes par le passé qui l'avaient alors empêché de devenir juge de district en 1986. Il a par exemple plaisanté sur le KKK, disant qu'il les avait toujours trouvé "bien" jusqu'à ce qu'il apprenne qu'ils fumaient de la marijuana.

Jeff Sessions a d'emblée dû rejeter des accusations de racisme lors de son audition de confirmation mardi. Des militants dans la salle ont protesté dans les rangs du public.

Des manifestants du groupe féministe Code Pink, et notamment deux hommes déguisés en membres de l'organisation raciste Ku Klux Klan, portant une robe et une cagoule blanches, ont été expulsés.

Il s'agit d'accusations infondées. J'ai en horreur le Ku Klux Klan, ce qu'il représente et son idéologie. Jeff Sessions, lors de son audition mardi.

L'ancien général John Kelly, devrait diriger le département à la Sécurité intérieure

Il s'agit du troisième cabinet le plus puissant, avec plus de 240 000 employés, qui devra lutter contre le terrorisme, assurer la sécurité du président et lutter contre l'immigration clandestine. Il défend les méthodes de l'Armée à Guantanamo, qualifiant de "bêtises" les critiques des groupes de défense des droits de l'Homme.

James Mattis, futur secrétaire d'Etat à la défense, aime "tirer sur des gens"

Le Général 4 étoiles John Mattis, futur secrétaire d'Etat à la Défense de Trump
Le Général 4 étoiles John Mattis, futur secrétaire d'Etat à la Défense de Trump © Reuters / Mike Blake

Mattis, surnommé "Mad dog" a mené de nombreuses actions au Moyen-Orient. Selon lui, Trump hérite d'une "pagaille" au Moyen-Orient et estime que l'accord sur le nucléaire iranien signé par Obama ne stoppera pas la course à l'arme nucléaire de l'Iran. "C'est drôle de tirer sur des gens" a déclaré un jour en public le général.

Rex Tillerson, patron d'Exxon Mobil, futur chef de la diplomatie

Administration Trump : Rex Tillerson et ses conflits d'intérêts
Administration Trump : Rex Tillerson et ses conflits d'intérêts © Reuters / Mike Stone

Sa nomination ne fait pas l'unanimité, et son audition au Sénat pourrait être compliquée. Plusieurs Républicains s'inquiètent de ses relations avec le président russe Vladimir Poutine. Rex Tillerson est le direction exécutif d'Exxon Mobil. Tillerson détient des actions dans ExxonMobil, ce qui va surement soulever de nombreuses questions lors de l'audition au Sénat.

A l'environnement : un climatosceptique

Futur patron de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), Scott Pruitt a écrit que le débat sur le réchauffement climatique était "loin d'être sûr". Pruitt fait partie d'une groupe de procureurs généraux poursuivant l'agence de protection pour l'environnement au sujet du programme d'Obama en matière d'énergie.

A la santé : un anti-avortement, anti Obamacare, anti-contraception

Le futur Secrétaire d'Etat à la santé est un conservateur pur-jus, membre du Tea party et opposant au financement public du Planning familial. Il a tenté de faire passer une loi rendant illégale la pilule du lendemain. Tom Price est l'un des leaders du mouvement pour l'abrogation du système de santé pour tous d'Obama. Le plan, voté en 2010, procure une assurance-santé à 20 millions d'Américains.

Les Démocrates ne peuvent pas grand chose contre ces nominations, une obstruction étant impossible car une majorité simple est requise pour confirmer les candidats . Les Républicains disposent de 52 sièges sur 100 au Sénat. Donald Trump et sa nouvelle équipe doivent prendre ses fonctions le 20 janvier.

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