Les médias américains relatent trois histoires de malades du Covid-19. Ils étaient non-vaccinés et regrettent leur choix.

Un infirmier s'occupe d'un patient malade du Covid-19 le 6 janvier 2021 dans un hôpital de Los Angeles en Californie.
Un infirmier s'occupe d'un patient malade du Covid-19 le 6 janvier 2021 dans un hôpital de Los Angeles en Californie. © AFP / Patrick T. Fallon

Il y a encore quelques semaines, les habitants du Tennessee pouvaient entendre la voix Phil Valentine à la radio. Il est l’animateur d’une émission conservatrice. Depuis le début de la campagne de vaccination, dans son émission "The Phil Valentine Show", il exprime son scepticisme. Il n’est pas un antivax pur et dur selon lui, "j’utilise mon bon sens" disait-il dans un article sur son blog en décembre dernier. "Quelles sont mes chances d'obtenir Covid ? Elles sont assez faibles. Quelles sont mes chances de mourir de Covid si je l'obtiens ? Probablement bien moins d'un pour cent." Et pourtant, aujourd’hui, Phil Valentine, 61 ans, est sur un lit d’hôpital. Son état s’est aggravé précise sa famille. Une machine à oxygène permet à l’animateur de mieux respirer.

Dans une lettre écrite par ses proches, l’animateur encourage tous les sceptiques à se faire vacciner : "Phil et sa famille aimeraient que vous sachiez tous qu'il vous aime tous et apprécie votre préoccupation, vos pensées et vos prières plus que vous ne le saurez jamais. Veuillez continuer à prier pour son rétablissement et S'IL VOUS PLAÎT ALLEZ VOUS FAIRE VACCINER !" Phil Valentine dit "regretter" ses commentaires sur les vaccins.

Se faire vacciner "pour ne plus vivre ça"

Dans le Missouri, la quatrième vague est bien visible à l’hôpital. Il y a moins de deux mois, aucun malade n'occupait les services de réanimation. La donne a changé. Parmi les patients rencontrés la semaine dernière par Associated Press et le magazine Esquire, il y a Daryl Barker, père de famille de 31 ans. Il a du mal à respirer mais se débrouille pour parler : "J'étais fermement contre le vaccin" reconnaît-il, "parce que nous sommes une famille avec une forte tradition conservatrice". Toute la famille de Daryl a attrapé le virus, sa femme et leurs parents. Déjà gravement malade lors de son hospitalisation, il est placé sous respirateur. Le médecin est alors pessimiste : Daryl a 20% de chance de survivre. "Le médecin m'a dit qu'il allait laisser entrer ma femme et mon enfant pour que je puisse leur dire au revoir parce qu'il ne pensait pas que j'allais m'en sortir" raconte le père de famille. Il promet de "ne pas les abandonner".

Après trois semaines à l’hôpital, son état de santé s’améliore et son point de vue sur la vaccination change du tout au tout. "Je ne veux plus jamais vivre cela, et si ça signifie qu’il faut se faire vacciner, je le ferai." Daryl et sa femme Billie Barker comptent à présent tous les deux se faire vacciner.

"J'aurais dû faire ce foutu de vaccin" 

Un an et demi après le début de l’épidémie, il est toujours difficile de s’habituer à ces images : un homme les yeux fermés et intubé. Ces photos sont relayées par sa femme Jessica DuPreez. Alors que son mari est en réanimation à l’hôpital, elle publie un long message et lance une cagnotte pour aider sa famille. Michael Freddy, 39 ans, surnommé Big Mike de par sa carrure, tombe malade après quelques jours de vacances à San Diego avec ses quatre enfants. Il n’est pas vacciné. "Nous voulions attendre juste un an après la sortie pour voir quels effets les gens avaient, mais il allait finir par se faire vacciner" assure Jessica à KVVU. Quelques jours plus tard, il tombe malade. Son test se révèle positif, il reste chez lui. Michael a de plus en plus de mal à respirer, il est finalement admis avec une pneumonie des deux poumons. Quelques jours plus tard, Big Mike meurt du Covid. Dans l’un des derniers SMS envoyés à sa femme, il écrit : "J'aurais dû faire ce foutu de vaccin." Depuis le décès de son mari, Jessica est allée se faire vacciner, clame haut et fort l'important de la vaccination. La cagnotte ouverte sur internet a recueilli plus de 55 000 dollars.

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