Donald Trump a conditionné le déblocage d'une aide financière pour l'Ukraine à l'ouverture d'enquêtes politiques contre Joe Biden, a déclaré le plus haut diplomate américain en Ukraine mardi devant le Congrès. Ce témoignage est le plus accablant jamais entendu à l'encontre du président américain.

William Taylor, chargé d'affaires à l'ambassade des Etats-Unis en Ukraine, a témoigné dans le cadre de la procédure de destitution lancée contre Trump
William Taylor, chargé d'affaires à l'ambassade des Etats-Unis en Ukraine, a témoigné dans le cadre de la procédure de destitution lancée contre Trump © AFP / STR / NurPhoto

C'est un témoignage à huis clos qui fait beaucoup de bruit, et dont le script a été publié la nuit dernière par le Washington Post.

William B. Taylor est chargé d'affaires à l'ambassade des États-Unis en Ukraine. Il est à ce jour le plus haut diplomate à avoir témoigné dans le dossier. Il a témoigné à huis clos mardi devant les trois commissions de la Chambre des représentants qui mènent l'enquête dans le cadre de la procédure de destitution ("impeachment") lancée contre Donald Trump.

L'ancien officier de l'armée a déclaré avoir été informé, par l'émissaire américain auprès de l'Union européenne, que Donald Trump avait lié le déblocage d'une aide financière à l'annonce publique par son homologue ukrainien Volodimir Zelenski de l'ouverture d'une enquête contre Joe Biden et son fils Hunter Biden. Volodimir Zelenski a répondu favorablement à la demande du chef de la Maison blanche, et l'aide américaine a par la suite été débloquée.

Un témoignage accablant qui contredit Trump

Ce témoignage vient contredire les propos de Donald Trump. Le président américain a en effet affirmé qu'aucune contrepartie n'avait été demandée pour le versement d'une aide de 391 millions de dollars à Kiev. Cette aide était destinée à faire face aux séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine. Or, Donald Trump avait bloqué cette aide après qu'elle fut approuvée par le Congrès. 

Les démocrates estiment que Donald Trump est passible d'une destitution pour avoir demandé à un dirigeant étranger d'enquêter sur Joe Biden, ex-vice-président de Barack Obama et candidat à l'investiture démocrate, que Trump pourrait donc affronter lors de l'élection présidentielle de novembre 2020.

Durant son audition, William Taylor a estimé que bloquer une aide militaire au profit de la politique intérieure américaine était selon lui une "folie".

Un "lynchage" selon Trump

Donald Trump a conscience de l'importance de ce témoignage, et des dégâts qu'il pourrait faire. Le président continue de se présenter en victime d'une "chasse aux sorcières", en cible d'une "cabale" :

Mais furieux, il est monté d'un cran en comparant la procédure de destitution à un "lynchage". Or, le mot "lynchage" est lourd de sens aux États-Unis, car il renvoie à l'histoire de l'esclavage et à la ségrégation raciale, les noirs étant lynchés par les blancs (au sens propre).

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