Tandis que les partis politiques ne lésinent pas sur les dépenses pour diffuser des publicités sur Facebook à l'approche des élections de mi-mandat américaines, le réseau social lance sa "War room" pour rassurer ses utilisateurs, encadrer les annonces des annonceurs et éviter le scandale des ingérences russes de 2016.

Facebook lance sa "War room" pour vérifier l'identité des annonceurs et aider les utilisateurs à savoir qui se cache derrière les publicités présentes sur le réseau social
Facebook lance sa "War room" pour vérifier l'identité des annonceurs et aider les utilisateurs à savoir qui se cache derrière les publicités présentes sur le réseau social © AFP / NOAH BERGER / AFP

223 millions d'euros ont été dépensés par les partis politiques en publicité sur Facebook depuis le mois de mai aux États-Unis. C'est ce qu'a révélé ce mardi le réseau social dans un premier rapport publié à ce sujet. Ces six derniers mois, les utilisateurs ont vu défiler plus de 1,5 million d'annonces payées par des lobbies et des comités de soutien, en pleine campagne pour les midterms, les importantes élections américaines de mi-mandat qui auront lieu cette année le 6 novembre prochain.

Parmi les annonceurs politiques, les plus grosses dépenses proviennent de deux groupes : il s'agit en premier - avec 4,7 millions d'euros - de "Beto for Texas", le comité démocrate qui soutient le parlementaire Beto O'Rourke, adversaire de Ted Cruz et étoile montante du parti. En deuxième position (avec 2,7 millions d'euros) on retrouve le comité de soutien à l'actuel président Donald Trump, "Make America Great Again".

Un lien Facebook pour savoir qui se cache derrière ces publicités

Mais pour savoir qui se cache derrière ces publicités, Facebook a mis à disposition de ses utilisateurs un lien contenant une barre de recherches où il suffit d'entrer le nom d'un annonceur politique. Par exemple, en recherchant "Make America Great Again", une liste ressort contenant de nombreuses publicités mettant en scène Donald Trump en l'occurrence. Pour en savoir plus sur ces publicités, il suffit de cliquer sur le nom de l'organisme qui les finance, ici "Make America Great Again". Apparaît alors la zone géographique concernée mais aussi le profil des cibles visées.

En reprenant notre exemple, en cliquant sur une des publicités-vidéos de Donald Trump partagée sur Facebook, on voit qu'elle a été diffusée principalement en Floride et à destination des femmes âgées entre 45 et 54 ans et des hommes âgés de 55-64 ans.

Une autre publicité - cette fois financée par le comité "Beto for Texas" - montre une photo de soutien au candidat Beto O'Rourke, diffusée exclusivement au Texas ce mercredi et à destination principalement des femmes.

Pourquoi Facebook fait ça ?

Ce système, lancé par le réseau social et mis à jour toutes les semaines, est consultable par tous sur internet. Il s'agit d'une étape de plus pour Facebook dans la lutte contre les manipulations de données. Le groupe tente en effet de renforcer la surveillance des annonces politiques après l'affaire de l'ingérence russe lors de la campagne présidentielle de 2016. Facebook avait par la suite affirmé avoir découvert la création de nombreux faux comptes pendant la campagne, relayant de fausses informations et ayant pu influencer le vote des électeurs Américains.

Pour éviter que cette situation ne se reproduise, le réseau social a donc mis en place une "War room" composée de 20 000 personnes qui (avec l'aide de systèmes d'intelligence artificielle) sont chargées de surveiller l'identité des annonceurs.

Cependant, même si Facebook oblige les acheteurs d’annonces politiques à s'identifier en privé auprès du réseau social, ces derniers ont toujours le droit d'utiliser des pseudonymes en public, compliquant la tâche pour Facebook lorsqu'il faut identifier qui dépense quoi, dans quel but et à destination de qui.

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