Trois après le refus du Sénat de légaliser l’avortement, les militantes féministes continuent de manifester pour parvenir au vote d’un nouveau texte en Argentine.

Florencia arbore le foulard vert, symbole de la lutte pour l’avortement.
Florencia arbore le foulard vert, symbole de la lutte pour l’avortement. © Radio France / Cyril Grziani

La guerre n’est pas finie, loin de là. Mardi soir, elles se sont retrouvées à une centaine face au tribunal de Buenos Aires, quasiment toutes munies de leur bandana vert, symbole de la lutte. Leur chant de ralliement : "aujourd’hui et toujours".

Mardi soir, les militants féministes se sont retrouvés devant le tribunal de Buenos Aires pour protester contre le jugement dans l’affaire Lucia Perez
Mardi soir, les militants féministes se sont retrouvés devant le tribunal de Buenos Aires pour protester contre le jugement dans l’affaire Lucia Perez © Radio France / Cyril Graziani

Cette fois, elle sont venues témoigner leur colère après la condamnation de deux hommes accusés d’avoir violé et tué, en 2016, Lucia Perez, une lycéenne de 16 ans.
La Cour pénale criminelle n ° 1 de Mar del Plata (sud de Buenos Aires) les a condamnés à... huit ans de prison pour « possession et la vente de stupéfiants» et un troisième a été acquitté.
L'affaire avait secoué l'Argentine à l’époque et motivée la première grève des femmes contre les violences sexistes. Cette affaire ravive les plaies de la centaine de femmes présente mardi.

Trois mois après le refus du Sénat de légaliser l’avortement en Argentine, le combat continue. Elle n’ont jamais baissé les bras. Florencia considère notamment que maintenant la priorité, « c’est de limiter l’intervention de l’Eglise et des religions sur les questions de l’Etat parce qu’ici, en Argentine, dit elle,  l’Eglise a beaucoup de pouvoir. 

Mercedes, Natalie et Veronica se battent depuis le premier pour demander la légalisation de l’ « aborto », l’avortement.
Mercedes, Natalie et Veronica se battent depuis le premier pour demander la légalisation de l’ « aborto », l’avortement. © Radio France / Cyril Graziani

Mais l’Argentine est-elle prête à effectuer cette révolution ? Pour Mercedes, la réponse est un grand oui. " Une majeure partie de la population est en faveur de l’avortement. Cela a cessé d’être un tabou , un sujet dont on ne parlait pas qui relevait du domaine privé, de l’intimité. C’est rentré dans la sphère publique. "

Selon Mercedes, près de 70 % des Argentins seraient pour. Leurs cris, leurs revendications ont permis d’éveiller les consciences, y compris celle de leurs familles. Natalia notamment a pu constater le changement : « Ma mère est très catholique. Elle était contre l’avortement, le mariage pour tous, toutes les grandes avancées. Aujourd’hui après avoir écouté les femmes, m’avoir écouté, écouté ma fille, elle a changé de position ».

L’an prochain, toutes espèrent qu’un nouveau projet de loi pourra être présenté au Sénat. Les militantes Argentines savent que tôt ou tard, l’avortement sera légalisé dans leur pays. Mais qu’il faudra ensuite continuer la batailler pour préserver un droit qui aura été obtenu de haute lutte. 

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