Invité par trois députés français, le vice-ministre syrien des affaires étrangères participait à un colloque sur la paix... Une semaine après l'attaque chimique dans son pays.

Le chef de la diplomatie française a fait part sur Twitter de son indignation quant à la venue d'un "vice-ministre d'al-Assad (...) après l'ignoble attaque chimique".
Le chef de la diplomatie française a fait part sur Twitter de son indignation quant à la venue d'un "vice-ministre d'al-Assad (...) après l'ignoble attaque chimique". © Maxppp / Thomas Padilla

Une semaine après l'attaque chimique imputée par une grande partie de la communauté internationale au régime de Bachar al-Assad dans la province d'Idleb, un ministre adjoint syrien provoque la colère de Jean-Marc Ayrault : Ayman Soussan, vice-ministre des Affaires étrangères, est venu participer à un colloque intitulé "La Syrie : un drame qui ne peut plus durer". Une réunion qui s'est tenue devant 300 personnes en plein Paris.

Ce représentant du régime de Bachar al-Assad était en fait invité par les députes Les Républicains Thierry Mariani et Nicolas Dhuics, ainsi que par le député socialiste Gérard Bapt, président du groupe d'amitié France-Syrie à l'Assemblée nationale.

Un ministre pourtant refoulé du Parlement européen

Prévue depuis deux mois, la réunion aurait dû se tenir à l'intérieur-même de l'Assemblée nationale. Mais un événement survenu vendredi dernier a tout chamboulé : une réunion du même genre prévue a été interdite par le président du Parlement européen, Antonio Tajani :

Suite à l'usage récent d'armes chimiques (en Syrie), (il serait) inopportun d'organiser cette conférence. Pour des raisons de sécurité, (je décide donc) de ne pas autoriser M. Ayman Sousson à accéder au Parlement européen.

Par précaution, Thierry Mariani a donc préféré le nouveau centre culturel russe du quai Branly.

Bachar al-Assad fréquentable selon les organisateurs

Jean-Marc Ayrault a beau s'indigner, Thierry Mariani considère qu'il faut "discuter avec TOUS (sic.) les interlocuteurs". Les organisateurs du colloque estiment même qu'il y a des incertitudes sur les auteurs de l'attaque chimique du 4 avril entre Homs et Alep. Selon eux, le régime syrien demeure un interlocuteur incontournable dans le contexte actuel.

Du coté des personnes venues assister à cette réunion, c'est encore plus radical. Pendant la conférence, certains tweets relayaient des théories farfelues selon lesquelles "les casques blancs ont drogué et tué des enfants pour faire vrai".

Un visa délivré par un pays de la zone Schengen

Enfin, si Ayman Soussan a pu entrer sur le territoire français, c'est simplement parce qu'il ne fait pas partie des personnalités syriennes concernées par les sanctions internationales. Il a pu bénéficier d'un visa délivré par un autre pays de la zone Schengen, sans que le quai d'Orsay n'en précise l'identité. Le vice-ministre syrien peut donc circuler librement dans cet espace malgré l'indignation du chef de la diplomatie française. Il a même été invité ce mercredi matin dans la matinale d'une radio nationale.

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