Mosquée Damas
Mosquée Damas © Radio France

Les rebelles syriens disent avoir pris pour cible le convoi de Bachar al Assad alors qu'il se rendait dans une mosquée de Damas pour la fête de l'Aïd el Fitr. La télévision publique syrienne a diffusé des images montrant le président indemne.

La brigade rebelle Tahrir al Cham, affiliée à l'Armée syrienne libre (ASL), affirme avoir tiré plusieurs obus d'artillerie en direction des véhicules de Bachar al Assad circulant au coeur de Damas. Elle affirme que certains tirs ont touché leurs cibles.

Aucune attaque directement dirigée contre Bachar al Assad n'avait jusqu'à présent été signalée depuis le début du soulèvement en Syrie en mars 2011, même si les rebelles ont déjà pris pour cibles ses résidences à Damas et qu'un attentat au siège de la sûreté nationale a coûté la vie à quatre membres de sa garde rapprochée en juillet 2012. Le ministre syrien de l'Information, Omran Zoabi, a démenti à la télévision d'Etat.

A la suite des affirmations des rebelles, la télévision syrienne a diffusé des images montrant, selon elle, Bachar al Assad en train de prier dans la mosquée Anas ben Malek dans le quartier de Malki. Le président syrien ne semble souffrir d'aucune blessure. On le voit adresser des sourires aux fidèles en entrant dans la mosquée.

Des images fournies par les rebelles de Tahrir al Cham montrent en revanche de la fumée s'élever, selon eux, de ce même quartier de Malki, où Bachar al Assad et ses plus proches collaborateurs disposent de logements.

Des victimes dans l'entourage de Bachar al-Assad ?

Firas al Bitar, chef de cette brigade, affirme que ses combattants avaient au préalable effectué des repérages sur le trajet emprunté par le convoi présidentiel, qu'ils ont visé à l'aide d'obus de 120 mm en début de matinée jeudi :

L'attaque a ébranlé le régime, même si Assad n'a pas été touché. Il y avait deux convois, l'un avec Assad et l'autre qui était un leurre. Nous avons visé le bon.

Les combattants de Tahrir al Cham sont essentiellement actifs dans la région de la Ghouta, dans la périphérie Est de Damas. Un autre responsable de cette brigade a rapporté que les forces de Bachar al Assad avaient fait "pleuvoir" des roquettes et des obus d'artillerie sur la Ghouta en représailles à l'attaque du convoi.

Avant la diffusion des images de Bachar al Assad par la télévision syrienne, Islam Allouche, de la brigade rebelle Lioua al Islam, avait pour sa part déclaré à Reuters que des roquettes tirées par des insurgés avaient atteint le convoi présidentiel sur son trajet en direction de la mosquée. Islam Allouche :

Assad n'a pas été touché mais les informations en provenance de sources au sein du régime sont qu'il y a eu des victimes dans son entourage.

D'autres rebelles ont aussi fait état de tirs de roquettes dans ce quartier de la capitale syrienne, qui a été bouclé par les forces de sécurité du régime.

Alep : " Deux millions d'habitants sans électricité."

est photo-journaliste syrien. Il était à Alep jusqu'au 14 juillet :

Beaucoup de quartiers détruits [...] Des missiles sol sol qui font beaucoup de dégâts tirés un peu partout ur le partie rebelle de la ville.

Amnesty International a diffusé mercredi des photos aériennes d'Alep prouvant, selon cette organisation de défense des droits de l'homme, l'ampleur des dégâts provoqués dans la deuxième ville de Syrie par les bombardements aveugles des forces gouvernementales, qui rasent des quartiers entiers et tuent des civils. Selon Amnesty International :

Alors que l'intensité des frappes aériennes et des autres types d'attaques continue de croître, le nombre de Syriens déplacés a lui aussi été multiplié plusieurs fois", affirme Amnesty International, qui a compilé une série de photos en collaboration avec l'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS).

Donatella Rovera est conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International :

Avec ces images satellitaires, on peut se rendre compte de l'ampleur de le destruction.

Le quartier de Bustan al-Qasr à Alep
Le quartier de Bustan al-Qasr à Alep © Reuters / Malek Alshemali

Les photos "avant-après" montrent l'impact des missiles tirés par les forces gouvernementales en février sur trois quartiers d'Alep.

Plus de 160 habitants ont été tués et des centaines d'autres blessés au cours de ces attaques, précise l'ONG. Près de 100 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime en mars 2011 et près de deux millions de personnes ont fui à l'étranger.

Les enquêteurs de l'Onu ont dénoncé les crimes de guerre, actes de torture, meurtres ou violences sexuelles perpétrées par les milices pro-Assad. Ils ont également dénoncé les crimes de guerre et les exécutions commises par les rebelles syriens. Selon Sara al Wawi, une habitante du quartier deMarjeh, à Alep :

Il n'y avait que des civils ici. Notre quartier était plein de vie, d'enfants qui jouaient partout. Aujourd'hui nous sommes tous morts. Mêmes ceux d'entre nous qui sommes encore en vie sont morts à l'intérieur. Nous avons tous été enterrés sous les décombres.

Vingt membres de sa famille ont été tués lors d'une attaque aérienne en mars.

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