Invité par l'Institut Français d'Irak à donner une conférence sur le métier de reporter début mars, j'ai pu mesurer l'ampleur des mesures de sécurité dans Bagdad. La route de l'aéroport est jalonnée de nombreux check-points et barrages. Des chars sont stationnés à différents endroits.

Depuis le sommet arabe de 2012, les autorités irakiennes ont mis le paquet pour sécuriser le centre-ville de Bagdad. Dans ce secteur, la violence a nettement diminué. Des T-Wall en béton ont même été parfois enlevés. Les restaurants ne désemplissent pas, donnant l'impression de la normalité pour les Irakiens. Des projets de centres commerciaux et de cinémas sont en cours de réalisation.

Pourtant, Bagdad reste divisée en deux. Il y a toujours la "zone verte" où se trouvent l'ambassade américaine -la plus grande au monde avec 12 000 employés- l'ONU, et les principaux organes du pouvoir irakien (présidence, gouvernement, parlement). Et puis, il y a la "zone rouge", c'est-à-dire tout le reste. L'ambassade de France et l'Institut Français d'Irak (IFI) sont en "zone rouge" dans le quartier d'Abou Nawas, ainsi que l'ambassade d'Allemagne et d'Espagne dans le quartier de Mansour, sans oublier celle du Vatican.

En "zone verte", diplomate occidentaux et responsables irakiens sont coupés du monde. Ils vivent en vase clos et ont peu de contact avec la "zone rouge". L'ambassadeur néerlandais a le droit de sortir deux heures par jour sous bonne escorte, tandis que son homologue japonais doit demander l'autorisation de Tokyo à chaque fois qu'il veut quitter la "zone verte". Les officiels irakiens sont soumis au même régime sécuritaire. Chaque député a droit à 30 gardes du corps, 60 pour un ministre. Dix ans après l'invasion américaine, pas question donc de baisser la garde. Chaque mois, la violence fait encore en moyenne 350 morts dans le pays et les clignotants sécuritaires restent bloqués au rouge.

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